Le 19 septembre 2020, il est tombé 700 à 800 mm de pluies sur les Cévennes. Chez Gaël Martin, en Gaec avec son frère et sa mère à Taleyrac, sur la commune de Val d’Aigoual, dans le Gard, une vague d’eau a emporté la grange et une autre a envahi la bergerie. En prenant des risques, l’éleveur a réussi à sauver les brebis, mais pas les agneaux. En bordure de rivière, l’eau a aussi ravagé les murettes et emmené la terre des traversiers où les associés cultivent des oignons doux.

« Tout était dévasté, nous ne savions pas par où commencer. Heureusement, 70 agriculteurs du Gard et de l’Hérault sont venus nous aider. En équipe, le travail avance vite. Quand ils sont repartis le soir, tout était déblayé à Taleyrac et nous avons repris espoir », se souvient-il. C’est l’association gardoise des agriculteurs sinistrés, créée par les organismes agricoles du département dont la chambre d’agriculture, la FDSEA et les JA, qui a organisé cette journée de solidarité, ainsi qu’une autre à Mandagout. Des voisins éleveurs qui n’avaient pas été inondés sont également venus prêter main-forte à Gaël : « Le téléphone ne fonctionnait plus, mais ils ont quand même su que l’eau avait abîmé tous nos fourrages. Un matin, je les ai vus arriver avec du foin et de la paille. »

Du matériel de terrassement

Afin de remettre les parcelles en état, il fallait ramener des milliers de mètres cubes de terre déplacés par les eaux. Grâce à une aide du conseil régional d’Occitanie, complétée par des dons récoltés par l’association des agriculteurs sinistrés, la Cuma du Gard a acheté un tracteur avec un chargeur, une mini-pelle et une benne. « En travaillant sept jours sur sept pour faire vite tourner ce matériel, nous avons réussi à être tous prêts pour les plantations du printemps », relève Gaël.

Une association spécialisée dans la construction en pierres sèches est aussi venue les aider à remonter les murettes qui retiennent la terre des traversiers. Mais ce travail est loin d’être achevé. « Le plus urgent est fait. Pour venir à bout de ce chantier, nous en avons encore pour quelques années. »

En bordure de rivière, Gaël a dû abandonner des parcelles. « Nous en avions préparé d’autres pour faire une rotation. Nous avons ainsi planté la même surface­ que d’habitude. » D’autres producteurs ont défriché de nouvelles parcelles que des propriétaires sont venus proposer spontanément à la coopérative Origine Cévennes. « Grâce à tous ces efforts et à ces solidarités, en 2021, nous avons fait une belle récolte d’oi­gnons doux. »

Frédérique Ehrhard

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