«Lorsque mon père a pris sa retraite en 2012, je travaillais depuis quatre ans à la coopérative, explique Jean-Charles Darras, 37 ans, agriculteur à Carnoy (Somme). J’ai préféré rester double actif pour garder des relations à l’extérieur et sécuriser mon revenu. L’exploitation ne compte que 94 hectares, pas assez aujourd’hui en grandes cultures pour dégager un revenu correct. Avec les prêts à rembourser et les aléas climatiques, je suis au moins garanti d’un salaire. »

Le jeune agriculteur produit du blé, des betteraves sucrières, du colza, du maïs et un peu de pommes de terre qu’il vend en direct. « D’autres s’en sortent avec du maraîchage par exemple. Je n’ai pas fait ce choix. »

Jean-Charles a donc poursuivi les deux activités en parallèle. « Ça a marché, j’ai trouvé un bon équilibre, reconnaît-il. Le tout est d’être bien organisé. À la coopérative, je suis responsable de silos. Je fais 35 heures et termine à 17 heures. Mi-octobre, durant une semaine, j’ai semé un peu de blé chaque soir, puis j’ai pris une semaine de congés pour avancer dans mes semis après la récolte des betteraves. Je fais aussi des traitements tôt le matin et je travaille à la ferme le week-end. »

 

Anticiper au quotidien

Ses parents, qui habitent à 500 mètres, continuent à lui rendre service. « Mon père accueille volontiers les livreurs... si je ne suis pas disponible », indique-t-il.

Lorsqu’il est à la coopérative, Jean-Charles fait attention de bien faire la part des choses. « Quand je pars le matin, j’endosse ma veste Natup et je suis le représentant de l’entreprise toute la journée », ajoute l’agriculteur picard.

Comprendre les exigences de l’aval

Il estime que travailler à l’extérieur lui apporte une ouverture d’esprit. « Le fait d’être agriculteur me permet de bien comprendre les contraintes des exploitations et, inversement, être salarié d’une coopérative me fait prendre conscience des exigences de l’aval. »

Son épouse, Aurore, est préparatrice en pharmacie et travaille également à l’extérieur. « Elle est fille d’agriculteur et mesure les contraintes du métier, précise-t-il. Je lui en suis très reconnaissant. Elle s’implique d’ailleurs dans la vie de l’exploitation. Nous participons à un marché organisé tous les quinze jours dans la commune pour vendre les pommes de terre, et elle me remplace assez souvent. Le fait que je sois double actif ne nous empêche pas de prendre des vacances de temps en temps. C’est important pour les enfants. »

Blandine Cailliez

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