Depuis octobre 2019, l’Institut de l’élevage (Idele) a repris le flambeau à la station expérimentale de Mauron, dans le Morbihan. À la demande de l’interprofession laitière, le site s’est spécialisé dans la production de viande rouge issue du troupeau laitier. Dans le prolongement des travaux menés par Interbev Bretagne et la chambre d’agriculture (1), le premier volet est axé sur l’élevage de jeunes bœufs et génisses de 16 à 17 mois.

L’objectif est de valoriser des carcasses légères et bien finies destinées à la restauration hors domicile et aux rayons de la grande distribution, à la place de la viande bovine importée. Au total, 448 veaux mâles et femelles issus de sept types génétiques seront testés. Les enseignements finaux sont attendus pour 2024. Cinq croisements viande sur prim’holstein (limousine, charolaise, blanc bleu belge, Inra 95, angus) seront comparés. En parallèle seront conduits des sujets normands en race pure et des croisés limousins × normands.

Miser sur l’herbe

Les veaux sont répartis selon deux itinéraires techniques. Ceux nés à l’automne sont sevrés après 56 jours d’aliment lacté et mis à l’herbe entre mars et avril. À leur rentrée en bâtiment, entre octobre et novembre, ils reçoivent une ration composée de 50 % de maïs ensilage, 50 % d’ensilage d’herbe et 2,5 kg de concentrés. « Les auges peseuses permettent de suivre les consommations individuelles lors de la finition et de positionner les types génétiques en fonction de leur efficacité alimentaire », rapporte Clément Fossaert, de l’Idele. Les lots nés au printemps, mis à l’herbe au mois de juin, sont complémentés avec 1 kg de blé. « En fonction des conditions météorologiques, nous espérons pouvoir les finir sans complémentation en deuxième phase de pâturage l’année suivante », ajoute l’expert.

Les premiers animaux vont être abattus en février 2021 pour un objectif de 300 kg de carcasse. À l’abattoir, la qualité des carcasses produites sera passée au peigne fin (gras, persillé, marbré, couleur). Le suivi des croissances, complétées de mesures à l’échographe pour évaluer l’épaisseur du gras externe, permettra d’approcher la cinétique des dépôts de gras. « En lien avec nos essais précédents à Mauron, nous espérons que les travaux menés par l’Idele donneront la possibilité d’aller plus loin pour objectiver la qualité des produits et aiguiller les éleveurs laitiers dans leurs choix de taureaux à des fins de croisement », indique Emmanuelle Dupont, directrice d’Interbev Bretagne.

(1) Lire La France Agricole  n° 3777, du 14 décembre 2018, p. 45.

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Veaux et chevreaux : VEAUX ET CHEVREAUX Valoriser la viande issue du troupeau laitier Valoriser la viande issue du troupeau laitier