La ferme expérimentale de Normandie La Blanche Maison, dans la Manche, met à l’épreuve quatre modalités de chemins d’accès depuis 2017, sur des axes principaux et secondaires.

« L’objectif est de valoriser les pâturages de printemps et d’automne, et d’optimiser le coût alimentaire, via des chemins stables par temps sec comme humide », rapporte Lucie Morin, chargée d’expérimentation sur site.

En plus d’améliorer l’accessibilité aux parcelles, ce dispositif permet de contenir la prévalence des boiteries et d’améliorer la propreté des animaux, notamment au niveau de la mamelle.

Multiples solutions

La pose de caillebotis en béton sur une couche de sable (photo 1) est une bonne alternative au tout béton. Simple à mettre en place, « cette modalité est parmi les plus durables, explique Lucie Morin. Le sable sert à caler les dalles et à lisser leurs aspérités. » Le risque de glissades reste néanmoins présent et freine certaines vaches. « Cette solution, à utiliser en sortie de stabulation ou comme passage étroit sur les axes principaux, n’est viable économiquement que s’il s’agit de matériel de récupération. »

Un revêtement calcaire (photo 2), tout aussi simple à mettre en place, assure une bonne stabilité par tous les temps, à condition de niveler correctement et de compresser la matière lors de la pose. « Il faut néanmoins veiller à la qualité du calcaire, car la présence grossière d’éléments abrasifs comme le silex est préjudiciable à la santé des pieds des laitières », avertit la spécialiste.

Sur gravillons et sablede finition (photo 3), modalité témoin de la ferme, le bilan est similaire mais « le risque d’érosion est plus important », souligne Lucie Morin. L’entretien à y apporter est plus conséquent, surtout si cette matière est utilisée sur les axes principaux. « Malgré tout, ce revêtement est probablement le meilleur en termes de confort de par sa souplesse. »

Enfin, la mise à l’épreuve de la galette minérale (photo 4), coproduit des carrières minérales, est un échec. « Le matériau ne se tient pas et les vaches y marchent courbées, note Lucie Morin, avant de conclure que l’important est d’utiliser des matériaux locaux pour minimiser le coût de transport… À condition de suivre certaines règles. »

Le mélange terre et chaux sera le prochain système à rejoindre l’essai.

Les règles d’or

« Au-delà du revêtement choisi, la mise en forme du chemin est la clé de la durabilité », souligne la chargée d’expérimentation. L’évacuation de l’eau doit être une priorité. « Une pente d’au moins 1 % est à prévoir pour assurer le ruissellement des eaux de pluies dans le ou les fossés attenants. » Une orientation assurant un ensoleillement maximum permet d’accélérer l’assèchement. La pose d’un géotextile en soubassement améliore la tenue du chemin sur le long terme.

Béton mis à part, la plupart des modalités nécessitent une surveillance et une réhabilitation régulière. L’entretien des chemins consiste en leur renivellement, au retrait de la matière organique excédentaire,­ et au remplissage des trous. Il est conseillé d’intervenir en début d’hiver pour garantir la stabilisation de la structure. « Il est possible de composer avec des revêtements différents en fonction de la fréquentation des chemins, afin de trouver le bon équilibre entre le coût et l’efficacité », conclut Lucie Morin.

Avec les vaches laitières, l’axe principal peut être utilisé quatre fois par jour, voire plus selon le mode de pâturage, d’où l’intérêt d’y mettre les moyens. Investir dans du béton est sensé, d’autant plus si du gros matériel est voué à y circuler. Une certaine indulgence est permise pour le circuit des génisses. « Le risque sanitaire de type mammite y est moins prégnant, appuie Lucie Morin. La taille des groupes est moindre et la fréquentation des chemins moins régulière. »

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