Révéler l’économie d’eau potentielle lors d’un changement de dispositif d’irrigation, telle était la mission confiée par le ministère de l’Agriculture à l’Irstea (1). L’étude a permis à l’institut de quantifier la différence de consommation entre un matériel neuf et d’occasion, et plus généralement entre les systèmes existants et « projetés ». Le travail mené par les scientifiques a également permis de mieux cerné l’impact de l’utilisation des outils de gestion et de pilotage de l’irrigation, comme les sondes, les cartographies, etc.

La majorité des pertes sont dues aux fuites

Les résultats obtenus constituent la base de calcul lors du montage des dossiers de subventions. Les agriculteurs doivent indiquer la valeur de l’économie d’eau attendue s’ils veulent bénéficier d’une aide financière lorsqu’ils changent de matériel.

Lors de la conduite de ses recherches, le collège d’ingénieurs a relevé les principales sources des pertes d’eau, entre son transfert de la source et le système racinaire de la plante. Les problèmes directement liés au matériel sont les soucis d’étanchéité ou de fuite dans les tuyaux. Ils paraissent anodins mais peuvent entraîner jusqu’à 10 % de pertes. Ils sont, en général, le résultat direct de la vétusté des machines ou d’un manque d’entretien. Le renouvellement du matériel génère donc une économie d’eau. Les pertes liées à la dérive ou à l’évapotranspiration directe dans l’air et sur les feuilles, causées par des situations météorologiques particulières, trouvent aussi une réponse dans le choix du matériel. Celui-ci doit permettre d’obtenir la bonne taille de goutte pour annihiler l’impact du vent et de la chaleur. Il doit aussi assurer une distribution homogène sur la parcelle pour éviter les pertes par ruissellement ou drainage. Sur ces points, le goutte-à-goutte tire son épingle du jeu. Qu’elle soit en surface ou enterrée, cette technologie semble la meilleure alliée de l’agriculteur pour se jouer de la météo. Avec un petit avantage pour le système enterré, qui évite totalement les problèmes d’évapotranspiration sur le sol.

Le pivot plus économeque l’enrouleur

Dans le tableau ci-dessous, l’enrouleur obtient les plus mauvais résultats. Son jet longue distance est sensible aux contraintes météorologiques et manque de précision. Le changement pour un pivot ou une rampe représente une économie variant de 5 à 25 %. Elle atteint 35 % pour du goutte-à-goutte enterré. La couverture intégrale obtient sensiblement les mêmes résultats. Dans ce classement, le pivot et la rampe forment un compromis. Ils représentent une économie d’eau qui va jusqu’à 20 % par rapport à un précédent enrouleur. En revanche, ils sont, eux aussi, loin derrière le dispositif de goutte-à-goutte. Une différence qui pourrait se situer entre 5 et 25 % dans le cas du passage d’un pivot à un goutte-à-goutte.

L’atout high-tech

En dehors de la mécanique pure, les appareils de mesure et l’intelligence artificielle sont des outils fiables pour mieux comprendre les besoins de la culture et apporter la quantité d’eau strictement nécessaire au bon moment.D’après les résultats obtenus par l’Irstea, 35 % d’économies d’eau peuvent être réalisées par une simple analyse du sol traduite en une cartographie par un logiciel. Un chiffre pouvant grimper jusqu’à 40 % avec l’utilisation de capteurs ou stations météo plantés directement dans les parcelles.

(1) L’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture.

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