Ceux qui côtoient les boucles de la Seine l’ont peut-être remarqué : de drôles de machines investissent ce fleuve depuis plusieurs années. En effet, des travaux de dragage sont en cours entre Rouen et Le Havre. Le but : approfondir le chenal pour augmenter le tirant d’eau d’un mètre et atteindre 11,3 m à la descente vers la mer et 11,7 m à la montée vers Rouen. Concrètement, il s’agit d’araser les points hauts du fond de la Seine de 40 cm en moyenne pour permettre aux vraquiers de grande capacité de transiter par Rouen. Outre le dragage, il faut également adapter les installations portuaires aux navires (quais, appontements, postes de sécurité…).

Le double de gros navires

Haropa-Port de Rouen est à la manœuvre. Les 187 millions d’euros que ce projet va coûter sont financés par l’Union européenne, l’État, la Région Normandie, la métropole Rouen Normandie et l’Agence de l’eau Seine-Normandie.

Avec le renouvellement de la flotte mondiale de vraquiers - la proportion de navires présentant un tirant d’eau supérieur à 10 mètres a doublé en trois ans -, les ports doivent s’adapter s’ils veulent rester parmi les meilleurs exportateurs. « La mise en service est prévue début 2019, annonce Nicolas Occis, directeur général d’Haropa-Port de Rouen. Le plan d’investissement entrepris en 2012 s’achèvera par la mise en place de trois portiques de chargement sur le site de Grand-Couronne, les plus performants au monde, en remplacement des trois pylônes construits en 1971 et modifiés en 1987. Ils permettront de charger 3 000 t/h sans émanations de poussières, sur un quai de 280 m de long, contre 120 m actuellement. »

Pour faire la promotion de ce nouveau chenal, Haropa-Port de Rouen sait comment attirer la clientèle. « Nous engageons une baisse des tarifs de 1 % sur les droits de port des navires et de la marchandise et une baisse de 25 % sur la facture finale pour les navires céréaliers de grande taille de type Panamax et plus », explique Nicolas Occis. Un dispositif tarifaire qui permettra de tourner la page de la mauvaise campagne céréalière de 2016-2017. Début 2019, l’aménagement des accès maritimes permettra aux exportateurs d’améliorer le taux de remplissage des Panamax escalant à Rouen, et donc de gagner en compétitivité.

Ces projets sont également accompagnés par de nouveaux investissements réalisés par les opérateurs portuaires tels que le groupe BZ (ex-Etablissements Beuzelin). Créé en 2016, le terminal céréalier de Maison Bleue, sur le quai de Petit-Couronne, réalise un trafic annuel d’environ 750 000 t. Sa spécificité : il permet de travailler le grain dans le port grâce à des lignes de triage et de calibrage. La capacité initiale de stockage de 50 000 t sera augmentée de 25 000 t dès juillet 2018.

Le sucre fait investir

À noter également de nombreux investissements avec la reprise des exportations de sucre depuis la fin des quotas. Un deuxième poste de chargement est en cours d’installation à Rouen. Des travaux de modernisation de la ligne de fret reliant les ports de l’axe Seine à l’usine Saint-Louis Sucre d’Étrépagny, dans l’Eure (37 km), ont également été lancés en février 2018, pour un coût de 2,4 millions d’euros. Cette rénovation permettra d’expédier entre 50 000 et 100 000 tonnes de marchandises par an vers le terminal sucrier Robust à Rouen. Les capacités de stockage (120 000 t) et de chargement (3 200 t/j pour les sacs de 50 kg et 10 000 t/j pour le sucre en vrac) ont également été augmentées.

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Exportations de céréales : Des ports à la hauteur des ambitions