A l’entame de l’année 2017, la loi Sapin 2 donnait bien des espoirs aux éleveurs. Le 1er avril dernier, une partie des contrats entre producteurs et transformateurs privés arrivaient à échéance. L’occasion de mettre à profit ce nouveau contexte législatif, par la mise en place d’accords-cadres entre organisations de producteurs (OP) et industriels. Mais les discussions ont été plus longues que prévu. La loi Sapin 2 s’est avérée davantage incitative que contraignante, notamment sur l’intégration des coûts de production dans le calcul du prix du lait. Sur ce point, des négociations sont toujours en cours entre un certain nombre d’OP et leurs industriels, sans qu’aucune échéance ne soit fixée pour la signature de l’accord-cadre.

Si la forme est différente, le combat est similaire pour les éleveurs livrant aux coopératives. Le mois de juin a été marqué par des manifestations et des blocages de laiteries, avec au cœur des revendications, la revalorisation du prix du lait. Du côté de l’aval, on se renvoie la balle. La Fédération du commerce et de la distribution demande aux industriels « plus de transparence sur la rémunération des éleveurs. » En retour, le syndicat des fabricants de lait de consommation Syndilait estime que les « hausses de prix obtenues des enseignes sont insuffisantes pour rémunérer les producteurs. » À qui la faute ?

L’envolée du beurre

Cet automne, les « pénuries » de beurre ont confirmé ces relations tendues entre fabricants et distributeurs. Si le déséquilibre entre l’offre et la demande était réel, les négociations tarifaires entre transformateurs et distributeurs ont dégradé la situation. Le beurre destiné aux linéaires français a trouvé une meilleure valorisation à l’export, expliquant en grande partie les rayons vides. Ironie du calendrier, cet épisode est intervenu à peine un mois après la clôture du premier chantier des États généraux de l’alimentation, consacré à la création et à la répartition de la valeur…

Car les producteurs n’ont connu qu’une lente remontée du prix du lait en 2017. Selon le ministère de l’Agriculture, le prix du lait standard est passé en moyenne de 326 €/1 000 l en janvier à 347 €/1 000 l en octobre (conventionnel, bio et AOP inclus). Un prix qui plafonne en cette fin d’année, sous l’effet d’une nette reprise de la collecte laitière en France et dans le monde. (lire p. 77).