Le constat du docteur Jean Jarriges, spécialiste des troubles musculo-squelettiques (TMS) à la MSA des Côtes normandes, est sans appel. « On diagnostique de plus en plus de TMS chez les éleveurs laitiers. » La répétition des gestes, les charges à porter et les postures de travail traumatisent les organismes. « Parmi les pathologies les plus fréquentes, on retrouve la tendinite de la coiffe du rotateur pour les épaules, la lombalgie, le tennis elbow pour le coude et le syndrome du canal carpien au niveau de la main, détaille le praticien. Ce dernier est favorisé par tirage des premiers jets et le trempage. »

Densité de travail

« On observe une augmentation globale de la taille des cheptels, alors qu’il y a de moins en moins de main-d’œuvre disponible dans les élevages, analyse le Dr Jarriges. Dans certains cas, l’équipement de traite n’a pas suivi l’évolution du troupeau. Ce qui était supportable à l’échelle de 40 à 50 vaches ne l’est souvent plus à 80, voire 100 vaches. » Le choix du matériel de traite et l’environnement de travail sont donc déterminants (voir le tableau ci-dessous). Cette densité de travail génère également du stress.

« On ne peut dissocier les TMS du stress, qui joue évidemment un rôle néfaste affirme le praticien. Dans le cas de la traite, couper son téléphone portable permet d’atténuer le stress et de mieux se concentrer sur la tâche. »

Hygiène de vie

Dans un tel contexte, l’hygiène de vie n’est pas à négliger. À commencer par bien dormir. « Plus la dette de sommeil s’accumule, moins le corps récupère », lance Jean Jarriges. L’hydratation est aussi souvent oubliée, alors que « boire est essentiel pour toute activité physique. C’est le premier moyen de prévention des tendinites. » Enfin, le praticien conseille quelques exercices simples à mettre en œuvre avant de commencer la traite. « S’échauffer les poignets, la nuque, les épaules permet de commencer sans violenter le corps. »

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Lait : Mieux vivre la traite