Associés du Gaec du Pillion à Plourin-Lès-Morlaix dans le Finistère, Thierry Quéré et Frank Kermarec produisent 1 250 000 litres de lait sur 200 ha de SAU. En avril dernier, ils ont investi dans l’automatisation du trempage des trayons et de la désinfection des manchons trayeurs. « Nous voulions réduire le temps de traite et la pénibilité, sans compromettre l’hygiène et la qualité du lait », affirme Frank. Ce projet s’est inscrit dans l’organisation du travail des deux associés. « Nous réalisons un week-end d’astreinte sur deux, du samedi midi au lundi matin, explique Thierry. Dans notre roto de 27 places, avec 130 vaches, les trois traites du week-end étaient devenues usantes. Il fallait sans cesse courir entre les vaches à préparer et à brancher en début de traite, et celles à tremper en fin de traite, avant qu’elles sortent du manège. Nous devions trouver un moyen d’améliorer nos conditions de travail. » Après des recherches et plusieurs visites en élevages, les associés ont retenu le système de la marque britannique ADF Milking.

Griffe double action

« C’est une griffe qui trempe automatiquement les trayons au moment du décrochage, et qui se désinfecte entre deux vaches », explique Frank. Une petite buse située dans la tête de chaque manchon trayeur réalise ces deux actions. La traite terminée, le produit de trempage est injecté depuis le haut du manchon, pour être appliqué sur toute la surface du trayon. Le décrochage de la griffe s’effectue dans la foulée. Une solution à base d’acide péracétique est ensuite pulvérisée à l’intérieur de chaque manchon pour réaliser la désinfection. S’ensuivent six rinçages successifs à l’eau et un séchage. « Le système est conçu pour ne pas retrouver de résidus de produit de trempage ou de désinfection dans le lait, précise Thierry. Nous n’avons jamais rencontré ce problème. »

Pour chaque poste de traite, un boîtier électronique commande les pompes situées à l’extérieur du roto, où se trouvent les cuves des produits de trempage et de désinfection. Un contrat de maintenance est établi sur cinq ans entre le fabricant et les éleveurs, incluant les consommables. Ainsi, le produit de trempage iodé fourni reste toujours le même. Selon les éleveurs, si la consommation d’eau est similaire à un système de traite classique, celle de produit de trempage a diminué. « Son application est très régulière, de l’ordre de 8 ml par vache et par traite. »

Gain de temps

Après quatre mois d’utilisation, Thierry et Frank se disent satisfaits de leur investissement. « Nous avons gagné en moyenne 15 minutes par traite, analyse Frank. L’installation a automatisé des pratiques d’hygiène que nous avions déjà. Sur la qualité du lait et les mammites, la situation ne s’est donc ni améliorée, ni dégradée. Mais le confort de travail s’est nettement accru, surtout le week-end. » S’agissant du coût, l’investissement de départ est conséquent. « L’installation a coûté près de 45 000 €, pour lesquels nous avons bénéficié d’une subvention de 25 % (1), rapporte Thierry. Mais c’est un investissement pour le quotidien, et cela permet de motiver un salarié en améliorant les conditions de travail. »

(1) Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAEA).

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Lait : Mieux vivre la traite