Difficile d’établir un portait robot de l’éleveur qui revient à la salle de traite traditionnelle. Toutefois, les agriculteurs que nous avons contactés au cours de notre enquête ont tous un trait commun : leur jeune âge. Pour la plupart, ils ont moins de 40 ans, une dizaine d’années dans le métier, et ont opté pour le robot de traite lors de leur installation. Plutôt férus d’informatique, ils ont été séduits par les logiciels de gestion de troupeau et la richesse des données générées par le robot. En général, la perspective de réduire l’astreinte physique a été l’élément déclencheur dans le choix du robot. Une promesse tenue au cours des premières années. Puis la fréquence des alertes et les SMS à toute heure du jour et de la nuit sont devenus trop pesants et l’astreinte morale s’est substituée à l’astreinte physique.

Abandonner le robot pour monter une salle de traite est un choix de conduite d’exploitation et de vie qui ne se prend pas à la légère. Ceux qui franchissent le pas le plus facilement sont les éleveurs qui ont hérité du robot en reprenant l’exploitation. Le choix de la traite automatisé a été fait par le cédant quelques années avant la retraite, pour continuer à produire du lait avec plus de confort, et surtout transmettre un outil attractif et moderne.

Une dérobotisation sans appui technique

Pour le jeune éleveur, la présence du robot est perçue comme un atout au moment de l’installation. Dans la plupart des cas, la mayonnaise prend et l’activité s’organise autour du robot, en ajoutant des stalles si le troupeau augmente. Pour les autres commence une période de stress quotidien, qui aboutit soit à l’abandon du robot, soit à l’arrêt de l’atelier lait. Pour ceux qui reviennent à la salle de traite, le parcours de « dérobotisation » s’effectue sans appui technique car les chambres d’agriculture et les conseillers bâtiment sont encore peu confrontés à ce problème.

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Robot de traite : Quand le stress pousse à l’abandon