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Dossier Analyser l’organisation du travail grâce à la vidéo

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Julien Bétin (à gauche) a reçu Frédéric Guy, animateur des groupes d’éleveurs de bovins allaitants du département à la chambre d’agriculture de Bretagne, sur son exploitation. Ce dernier a filmé le parcours quotidien de l’éleveur. Photos : M.-F. Malterre

Julien Bétin a réduit la pénibilité et augmenté la sécuritépour la distribution de l’alimentation de ses soixante blondes d’Aquitaine et leur suite grâce à de nouveaux aménagements.

Deux kilomètres et demi en une heure seulement, telle était la distance parcourue chaque matin par Julien Bétin pour nourrir ses soixante blondes d’Aquitaine. « C’était juste avant la construction du bâtiment d’engraissement », se souvient le jeune éleveur, installé à Torcé, en Ille-et-Vilaine. Frédéric Guy, animateur des groupes d’éleveurs de bovins allaitants du département à la chambre d’agriculture de Bretagne, avait filmé et chronométré les déplacements de Julien afin de débattre lors d’une journée de formation sur le thème de l’organisation du travail.

« Les onze autres éleveurs du groupe avaient salué la performance de Julien, car son parcours était semé d’embûches, comme le franchissement de treize barrières, se souvient Frédéric Guy. Il devait faire face à des contraintes liées au logement de ses animaux dans des structures anciennes, assez nombreuses, et dispersées autour de la maison d’habitation. »

Stabilisation des abords

Depuis, la situation a beaucoup évolué. La construction du nouveau bâtiment, accolé à l’étable des vaches, a permis de regrouper les animaux. L’exploitant loge ainsi cinq lots de dix à douze bêtes.

L’observation des conditions de travail initiales a aussi orienté Julien vers divers aménagements, comme la stabilisation des endroits les plus stratégiques autour des bâtiments de l’exploitation. « Il passait vingt fois au même endroit au centre de la cour », souligne Frédéric Guy. Pour consolider le lieu le plus emprunté, il a bétonné 250 m2, là où le passage avec les engins est le plus fréquent. Il a également empierré une plate-forme de 500 m2 pour stocker l’enrubannage et éviter de faire des ornières dans la pâture. Jusqu’alors, le fourrage était entreposé contre la haie dans la parcelle attenante aux bâtiments. « Les allers et retours m’obligeaient à rouler dans la boue, ce qui pouvait apporter des souillures dans la ration », souligne Julien.

Déplacement des auges

Parallèlement à la nouvelle construction, il a procédé à des agencements dans la stabulation des vaches pour distribuer l’ensilage à tous les animaux avec la désileuse. Le couloir d’alimentation a été élargi de 1 m de manière à approvisionner les cases de droite et de gauche tout en circulant avec le tracteur au centre. Auparavant, une partie des auges étaient placées à l’intérieur de la case, obligeant l’éleveur à escalader les barrières. L’aménagement a permis à la fois de diminuer la pénibilité et d’augmenter la sécurité.

L’achat d’une désileuse-pailleuse participe également à réduire les risques d’accidents, car Julien posait une balle sur l’aire paillée et il l’épandait en « se glissant » au milieu des animaux.

De même, le choix du type de liage impacte le temps de travail et l’organisation globale de l’entreprise. La presse du jeune éleveur est dotée d’un lieur à ficelle, plus pratique à enlever l’hiver dans la pailleuse que les filets. « Lors de la distribution, il faut une minute pour enlever la ficelle d’une botte. En revanche, lors de la récolte, le liage demande davantage de temps, ce qui peut ralentir le chantier. Avec des filets, il faut compter un délai supplémentaire pour enlever les brins de paille coincés dans les mailles avant de les envoyer au recyclage. »

Pour la paille, Julien a conservé une presse à petites bottes carrées. Ces dernières sont destinées à la gestion des vêlages en hiver. Il en empile un petit stock sur le plancher situé au-dessus des cases à veaux, ce qui lui permet d’installer rapidement une litière propre.

Certaines tâches restent manuelles, comme l’apport des concentrés. Les circuits de distribution sont toutefois courts et « fluides ». Les stocks sont rapidement accessibles grâce à un large portail coulissant. Julien remplit des seaux qu’il déplace à l’aide d’une brouette devant les animaux. « Je vais fabriquer un plateau pour poser les seaux à plat et faciliter les déplacements », précise-t-il.

La vidéo des déplacements de Julien avait par ailleurs mis en évidence la présence d’une barrière au milieu de la cour de l’exploitation. Chaque jour, Julien la contournait à plusieurs reprises sans vraiment s’en rendre compte. Elle servait pour la contention des animaux à de rares occasions, mais ralentissait la circulation au quotidien. Il l’a supprimée et a profité de la construction du bâtiment d’engraissement pour installer un couloir dédié et sécuriser ainsi l’embarquement des bêtes.

Tous les déplacements de Julien Bétin ont été reportés sur cette photo (en orange) afin d’identifier les points stratégiques.
L’exploitation

Julien Bétin travaille seuldans l’entreprise qui comprend45 ha de SAU, dont 11,5 hapour l’ensilage de maïs et2,8 ha pour l’orge. Le resteest composé de prairies.

Le troupeau compte 60 blondes d’Aquitaine conduites en système naisseur-engraisseur.

La ration des vaches est distribuée en plusieurs étapes avec 2 kg de foin le matin pour une bonne rumination, puis 18 kg bruts de maïs ensilage, et 1 kgde mash. Le soir, elles reçoivent de l’enrubannage.

1. Dans la stabulation des vaches, le couloir d’alimentation a été élargi, afin de distribuer la rationà droite comme à gauche avec la désileuse.
2. Un chemin stabilisé contourne tous les bâtiments de l’exploitation pour circuler facilement.Un grillage et un portail séparent l’accèsà la maison (à droite).
4. Les petites bottes permettent de pailler viteau moment du vêlage.
3. Afin qu’il n’y ait plus d’ornières, Julien a coulé du béton sur 250 m2 au centre de la cour, là où le passage des engins est le plus dense.
5. En construisant le nouveau bâtiment, Julien a prévuun couloir de contention pour embarquer les animaux en toute sécurité.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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