La France agricole : L'Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) existe depuis le 12 février. Qui sont ses adhérents ?

Alain Guillaume : Nous sommes une trentaine d'agriculteurs, gérants d'une installation de biométhanisation ou en phase de construction. Un statut de membre « stagiaire » existe pour les porteurs de projets moins avancés, ayant déposé leurs dossiers de demande de déclaration ou d'autorisation aux ICPE.

Quels sont les objectifs de l'AAMF ? Notre association représente les agriculteurs méthaniseurs devant les instances de l'Etat. Ensemble, nous constituons une force de proposition crédible auprès des ministères de l'Agriculture et de l'Ecologie. Nous ferons tout pour favoriser le développement de la méthanisation dans le secteur agricole. Pour cela, nous revendiquons d'abord une revalorisation du tarif de vente de l'électricité à EDF. Nous prônons aussi les valorisations alternatives du biogaz (injection dans le réseau, biogaz carburant). Nous agissons aussi en faveur d'une normalisation des digestats et de la simplification des démarches administratives.

Quels sont les principes de l'AAMF ? L'agriculteur méthaniseur doit être le seul à investir dans son installation. Elle doit créer une filière courte dont la valeur ajoutée revient à l'exploitant. L'AAMF est asyndicale, apolitique et non marchande. Nous tenons à préciser qu'avant d'être des énergiculteurs, les adhérents sont agri- culteurs.

Quelle filière « méthanisation à la ferme » française préconisez-vous ? Elle devra s'inscrire au coeur des territoires, créant du lien social et des bienfaits environnementaux. De plus, elle ne devra pas concurrencer les productions alimentaires.

Propos recueilli par Nicolas Levillain (publié le 19 février 2010)