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Dossier « À la recherche de compléments au maïs »

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« Je pourrais implanter du teff-grass derrière la récolte des céréales et choisir des variétés de maïs moins précoces », explique Sébastien Dallot (à gauche), ici avec Patrick Legoux, de la chambre d’agriculture. © M.-F. Malterre

La culture du maïs ensilage reste la base du système fourrager de Sébastien Dallot, mais il pourrait implanter du teff-grass après la récolte des céréales.

«L’ensilage de maïs reste une valeur sûre pour l’alimentation de mes 85 limousines et leur suite », déclare Sébastien Dallot, naisseur-engraisseur à Lourdoueix-Saint-Pierre, dans la Creuse. Pour autant, les rendements et la qualité ces dernières années n’ont pas été réguliers et l’éleveur s’interroge sur les améliorations à apporter à ses pratiques. L’essai conduit sur son exploitation en 2020, par la chambre d’agriculture dans le cadre du Programme régional de développement agricole et rural (PRDA) de Nouvelle-Aquitaine, le conforte toutefois dans son choix concernant le maïs. Ce dernier arrive en tête dans les essais qui le comparait aux sorghos BMR (monocoupe et multicoupe), millet × vesce velue ou teff-grass. Ces plantes « d’été » avaient été semées après la récolte du méteil.

Mieux vaut toutefois semer le maïs le plus tôt possible. La variété précoce (indice 270) semée le 18 mai (1) a produit environ 12 t de MS/ha, soit une pousse moyenne quotidienne de 103 kg de MS/ha/jour. Le très précoce (indice 230) semé le même jour obtient un résultat en léger retrait, à 11,2 t de MS. Les résultats dégringolent lorsque les mêmes variétés sont implantées dix jours plus tard. Le rendement du très précoce affiche 8,5 t de MS/ha et 8,9 t de MS/ha pour le précoce.

Les autres espèces se classent moins bien. Pour le sorgho monocoupe BMR, il semble que des problèmes à la levée ont impacté le résultat. Il n’a produit que 2,9 t de MS/ha. Le sorgho multicoupe BMR a bien levé en revanche. Au bout de 107 jours, il a produit 5,5 tonnes de MS/ha (51 kg de MS/j).

Dans le mélange millet perlé × vesce velue, seule la légumineuse a bien levé (le millet est très rare en raison d’un problème de levée lié au lot de semence), mais elle couvre bien le sol. « Elle a une bonne capacité à occuper l’espace et elle peut limiter l’évapotranspiration, explique Hervé Feugère, conseiller fourrage à la chambre d’agriculture de la Creuse. La production à 3,5 t de MS/ha le 5 août peut s’exploiter en pâturage et fournit de l’azote au sol. »

De bons rendements pour le teff-grass

Le teff-grass, une graminée d’origine africaine fauchée une première fois le 11 août, a produit 5 t de MS/ha en 76 jours, soit 79 kg de MS/j. Le taux de matière sèche de la plante sur pied, à ce moment-là, est élevé (40 %). « La plante est dense et peut être exploitée en pâturage à partir du début d’épiaison, soit 40 à 45 jours après le semis, ajoute Hervé Feugère. Grâce à sa bonne valeur alimentaire, il convient de la réserver aux animaux à forts besoins. Elle continue de pousser même quand la température est élevée et tire parti de l’humidité du sol. Précision­ importante dans le cadre de cet essai, la pluviométrie a tout de même représenté près de 110 mm entre le semis et le 5 août. « C’est une plante que je pourrais semer dans la foulée de la récolte des céréales », explique Sébastien­ Dallot.

« Ces résultats sont dans la tendance de ceux notés en 2019 sur l’ensemble des plates-formes conduites dans le cadre du PRDA Nouvelle-Aquitaine », ajoute Hervé Feugère. La production du maïs reste toujours supérieure à celle du sorgho ou du moha. Au bout du compte, en 2019, le coût de production de la tonne de matière sèche (en tenant compte du labour) est le plus faible pour le maïs à 75 €/t de MS produite. Le sorgho monocoupe a coûté 108 €/t de MS d’ensilage produite, comme le multicoupe, sachant que les rendements de ces deux derniers était équivalents à 7 t de MS/ha.

(1) Il s’agit des résultats provisoires qui devaient être vérifiés et analysés quelques jours après notre bouclage.

Viser l’autonomie

Avec les 16 ha de méteils grains, 10 ha d’ensilage de maïs et 35 ha d’enrubannage d’herbe, Sébastien Dallot parvient presqu’à l’autonomie pour la conduite des 85 vaches limousines en naisseur-engraisseur. « Sébastien n’achète que 10 t de complémentaire à 33 % de protéines, soit 150 kg par animal engraissé. C’est un niveau très performant », estime Patrick Legoux, conseiller à la chambre d’agriculture. La qualité de l’enrubannage est toutefois essentielle pour atteindre ce résultat. Le mélange qui comprend beaucoup de luzerne avec de la fétuque, du dactyle, du trèfle blanc et trèfle violet est récolté tôt pour garantir une valeur de 0,85 UFV et 17 % de matière azotée totale. L’ensilage de maïs semé au 25 avril derrière une prairie apporte encore des réserves importantes, car Sébastien en a obtenu 14 à 15 t de MS/ha. Les 70 mm tombés en juillet et en août 2020 ont permis d’atteindre ce rendement. Les grains étaient correctement remplis, ce qui laisse espérer des valeurs alimentaires correctes.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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