Le colza a-t-il, selon vous, toujours un avenir en France ?

En termes de débouchés, la production française de colza alimente surtout la filière biodiesel, avec une double finalité de production d’énergie renouvelable et de tourteaux pour les élevages. Elle est traitée dans les usines françaises et l’approvisionnement en colza est privilégié. Du côté du marché, les cours se tiennent dans un contexte où les équilibres sont perturbés. Aujourd’hui, la crucifère est aussi incontournable de par son caractère de tête de rotation (amélioration de la structure du sol, rupture du cycle des adventices et maladies…), notamment dans les zones intermédiaires. On note toutefois, après plusieurs campagnes de bons résultats, deux années de diminution des rendements (31q/ha en 2019, soit - 9 % par rapport à 2014-2018) et des surfaces en baisse.

Comment les producteurs peuvent-ils s’y prendre pour réussir leur culture ?

Certes, on n’est pas maître des à-coups climatiques, de la perte de molécules ou de l’apparition de résistances, etc. Pour autant, nous démontrons dans notre réseau qu’il existe des situations où le colza est capable de mieux résister aux attaques d’insectes. Pour cela, il faut se donner les moyens de réussir les implantations en étant prêt à semer tôt. Les cultures associées (souvent la féverole) permettent aussi de limiter les risques. Réussir l’implantation passe, par exemple, par le test bêche (lire en p. 44), une analyse des opportunités de pluies… Mais pour rentrer dans cette démarche, il faut anticiper afin d’avoir un colza robuste et dynamique à l’automne.

« Il est nécessaire d’assurer une alimentation azotée continue au colza. »

Comment l’institut accompagne-t-il cette démarche ?

Nous faisons de nombreuses préconisations autour de l’implantation du colza et du changement de pratiques (guides, formations…). Nous avons même développé depuis l’automne dernier « CAP Agronomie », une méthode d’accompagnement des agriculteurs, déployée auprès des conseillers. L’idée : faire un diagnostic parcellaire, guider l’exploitant dans l’anticipation et la connaissance de son système pour développer les approches qui l’amèneront à maîtriser l’implantation et adapter la conduite.

Par ailleurs, nous sommes, aux côtés de l’Acta et de l’APCA, en discussion avec les ministères pour faire connaître les besoins particuliers de la plante pour le prochain programme d’application de la directive nitrates. En effet, certaines années, les interdictions d’épandage liées aux calendriers réglementaires peuvent poser un problème. Il faut permettre une croissance dynamique du colza à l’automne et assurer une alimentation azotée continue. Nos essais montrent qu’il résistera ainsi mieux aux attaques de bioagresseurs et n’impactera pas l’environnement.

Enfin, au-delà de la recherche variétale (lire en p. 45), des initiatives telles que le programme R2D2 évaluent l’intérêt des aménagements paysagers.

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Le colza s’approche des 700 euros la tonne sur Euronext

Les cours du colza s’envolaient de nouveau ce mercredi 20 octobre 2021 après-midi sur le marché européen. Ils s’approchaient du seuil symbolique des 700 euros la tonne à brève échéance, porté par les autres huiles et les coûts de l’énergie.