Si l’adaptation du système de production se révèle insuffisante, il est nécessaire d’aller plus loin. L’éventail des pistes est large, mais il implique une remise à plat de l’exploitation, voire de l’organisation à l’échelle d’un territoire. La production laitière est particulièrement exposée en raison des besoins réguliers des vaches et de leur sensibilité à la chaleur, en particulier les hautes productrices. Les éleveurs peuvent commencer par décaler la date des vêlages à une période de moindre variabilité des ressources alimentaires, plafonner la production laitière, réduire la taille du troupeau… Ils peuvent aussi franchir un cap, et troquer leurs vaches contre des chèvres, qui nécessitent moins d’UGB pour dégager un revenu équivalent. Ou opter pour la vente directe afin de dégager une meilleure rentabilité avec moins d’animaux. La bascule vers l’élevage allaitant pose quant à elle la question des surfaces disponibles.

Spécialisation

Il est aussi possible de réorganiser spatialement les productions, l’élevage dans une zone et les cultures fourragères dans une autre, à proximité. En Ardèche, des associations fonctionnent, entre éleveurs des piémonts et céréaliers de la vallée du Rhône. « Des contrats existent, mais ils sont une prise de risque pour l’une ou l’autre des parties selon les besoins de l’année, nuance Emmanuel Forel, de la chambre d’agriculture. C’est donc souvent le négoce privé qui approvisionne. » Autre division du travail envisageable : spécialiser des élevages en production laitière, et d’autres pour l’élevage des génisses de renouvellement. Enfin, il est possible d’associer des espèces complémentaires pour l’utilisation des prairies et la gestion du parasitisme, en particulier bovins/petits ruminants.