La Kuhn FC a joué les coquettes et est arrivée sur la ferme une semaine après ses concurrentes. Mais elle avait une bonne excuse. En effet, cette faucheuse commence sa première campagne de commercialisation en 2016 et c’est donc un modèle de présérie très sollicité que Kuhn a mis à notre disposition. La FC flambant neuve est arrivée avec un John Deere 6125R qui nous a servi pour tester les autres modèles. Une chose est sûre, la Kuhn ne passe pas inaperçue sur la route et les connaisseurs se retournent sur son passage. Il faut dire qu’avec son design ultramoderne, on est plus proche de K 2000 que d’un outil de fenaison. Il ne lui manque plus qu’une rampe de leds à l’avant pour que la ressemblance avec la célèbre voiture soit totale. La FC est arrivée sous bonne escorte, avec deux techniciens qui nous fournissent les informations essentielles avant de partir travailler.

Une version améliorée

Nous démontons le capot pour étudier la mécanique d’un peu plus près. Ce qui nous frappe d’emblée, c’est le souci du détail apporté à la faucheuse. Toutes les rotules sont protégées par des soufflets et des petites brosses protègent les ouvertures de la poussière. Nous notons l’arrivée de capots latéraux en plastique, moins sensibles à la casse. De nombreux petits détails qui nous ont agacés sur l’ancienne génération ont été corrigés et il y a désormais peu de fautes de goût sur cette machine. Kuhn a même prévu un tuyau pour recycler l’huile et éviter la surchauffe dans le carter.

Comme la FC est déjà attelée, nous partons travailler immédiatement et nous préoccuperons de l’attelage plus tard. Une poignée centralisée verrouille la faucheuse en position de transport. Nous arrivons sur une parcelle relativement plane mais qui a été pâturée en début de saison. Les refus sont hauts et le terrain est fortement bosselé, ce qui va mettre la suspension à l’épreuve. Nous nous conformons aux instructions de l’autocollant pour fixer la hauteur de relevage afin d’atteindre 750 mm aux rotules et adaptons les chaînes pour maintenir cette distance. Il ne sera plus nécessaire de toucher à la commande du relevage. La dernière opération consiste à adapter la pression du circuit oléopneumatique de la suspension. Il faut pour cela descendre du tracteur, ouvrir la vanne et manipuler le distributeur pour atteindre 90 bars. Le manomètre, qui dépasse de la structure, semble presque anachronique avec le design moderne de la FC. Il est alors temps de remonter en cabine et d’attaquer le tour de la parcelle.

Nous commençons tranquillement à 9 km/h pour prendre en main la machine, puis accélérons progressivement. Très vite, nous sommes interpellés par le pianotage intensif de la FC. Nous descendons du tracteur avec la ferme intention de modifier la pression dans le circuit oléopneumatique. Cependant, en regardant le travail effectué sur les 30 derniers mètres, nous constatons que la coupe est régulière et donc que la suspension est bien réglée. Ce pianotage est visiblement normal pour la FC et, même s’il est très perturbant pour le chauffeur, il n’a pas d’impact sur la qualité du travail.

Lamier. Premier constat : l’accès au lamier n’est pas si simple. En effet, Kuhn a prévu des petites cales pour tenir la jupe en position relevée mais il s’avère impossible de basculer la tôle vers le haut. La barre de coupe de la FC est équipée de 7 assiettes ovales portant chacun 2 couteaux. Le lamier est monté sur Silentbloc, ce qui offre une protection supplémentaire à la barre de coupe à grande vitesse. Des renforts sont intégrés dans le profil du lamier. En cas de choc violent sur les couteaux, l’arbre supportant le disque se sectionne juste au-dessus du palier, grâce à une gorge de rupture. Le point de coupe est avancé et les entraxes sont différenciés.

La FC est équipée du système de changement rapide des couteaux Fast-Fit. La clé permettant cette opération est judicieusement placée avec la boîte contenant les couteaux de rechange, sur le côté de la machine. En revanche, la clé est trop courte et souffre de l’absence d’une vraie poignée.

Conditionneur. Le FC propose deux régimes de conditionneur (600 et 900 tr/min) qui se sélectionnent très simplement en déplaçant un levier. Le conditionneur est constitué de doigts mobiles en acier, avec masse intégrée, montés par quatre. La tôle de conditionnement offre cinq positions.

Dételage. Nous terminons le test par le dételage de la machine. Contrairement à ses concurrentes, la FC n’a pas de triangle Accord mais un attelage classique sur le relevage avant du tracteur. Un support est prévu pour accueillir le cardan. Enfin, il suffit de déposer une béquille bien conçue pour dételer la machine. Côté entretien, seules les bielles nécessitent une attention particulière.

Le récap
Les points positifs
Les points négatifs
Fiche technique

    Largeur de travail : 3,10 m

    Nombre d’assiettes : 7

    Conditionneur : doigts en acier montés par 4

    Régimes conditionneur : 600 et 900 tr/min

    Châssis : tiré/mixte

    Suspension : biellettes rotulantes + oléopneumatique

    Hydraulique : 1 double effet

    Poids : 1 320 kg