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Dossier Génétique : vers la résilience

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Choix génétique. Les sélectionneurs fournissent des populations adaptées aux différents climats du globe, et gèrent aussi des races locales, rustiques et à croissance plus lente. © J. Chabanne

La sélection peut répondre à l’enjeu climatique, grâce à la grande diversité raciale.

Dans les prochaines décennies, les animaux affronteront un climat plus difficile, de nouvelles maladies et des modifications du régime alimentaire. Est-il possible de sélectionner des animaux plus robustes face à ces contraintes ?

«  Chez les volailles, les génétiques les plus productives sont aussi les plus sensibles à des variations brutales de température », constate Daniel Guémené, du Syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français (Sisaf). On l’a vu en France en 2003 : avec la canicule, la mortalité des volailles s’est chiffrée en millions. Or la maîtrise totale de l’ambiance du bâtiment est possible, mais elle coûte cher.

Populations adaptées

Bonne nouvelle, il existe une large gamme de populations adaptées ou adaptables. Les sélectionneurs ont en soute un réservoir de biodiversité qui leur permettrait de proposer aux éleveurs des animaux plus résilients face au réchauffement. « Le croisement quatre voies, qui régit les populations commerciales, permet d’envisager différentes recombinaisons et de répondre en quelques années à une demande, à condition qu’elle émerge, nuance Daniel Guémené. L’adaptation aux coups de chaud n’est pas une priorité des éleveurs, rémunérés au kilo produit : des populations plus rustiques, donc moins productives, ne sont pas encore dans leur intérêt financier. Les sélectionneurs mettent sur le marché les produits qui leur sont demandés. C’est l’économie qui orientera la sélection. »

En porcs, la réponse au réchauffement portera avant tout sur la gestion de l’ambiance du bâtiment et des disponibilités en matières premières. Néanmoins, le programme Pigheat se penche sur les possibilités de sélection d’espèces moins sensibles à l’environnement climatique.

En bovins, le croisement se développe, les éleveurs cherchant à réintroduire davantage de rusticité. « La génétique peut répondre à tous les enjeux, sous réserve qu’il existe une variabilité suffisante dans la population, explique Laurent Schibler, responsable développement chez Allice, l’union d’entreprises de sélection. Une fois objectivés les caractères de robustesse et de résilience, il sera possible de les sélectionner. Pour cela, les chercheurs observent les réactions des animaux à une restriction alimentaire plus ou moins longue et sévère. La diversité des races en France est un atout. De plus, il existe des races créoles dans les départements d’outre-mer, plus résistantes au climat chaud et humide. Nous avons de la réserve dans notre pool génétique », conclut-il.

D’autres pistes plus ciblées existent, à l’instar du gène Silt, qui détermine la longueur du pelage : la thermorégulation est meilleure avec un pelage ras, car l’animal transpire mieux.

En lait, un index « dégagement de méthane » est envisageable

Dans la filière laitière, les sélectionneurs, avec l’appui de la génomique, croisent les données d’analyse du lait et les mesures de dégagement de méthane, afin d’établir une corrélation génétique et déterminer quelle quantité de méthane dégage une vache. « Il serait possible de mettre en place un index dès 2020 pour les races prim’holstein, montbéliarde et normande, sous réserve de financements, affirme Laurent Schibler, d’Allice. L’héritabilité du caractère « émission de CH4 » est moyenne, de l’ordre de 15 à 30 % : il sera donc plus facile de sélectionner sur les émissions de CH4 que sur la résistance aux mammites ! En une dizaine d’années, il sera possible de réduire de 15 à 20 % les émissions de gaz. À la filière de décider quel poids mettre sur ce caractère dans la sélection, donc le poids économique attribué… »

L’amélioration de l’efficacité alimentaire ne va pas de pair avec une baisse des émissions de méthane. Les animaux valorisent mieux les fourrages, tout en dégageant davantage de CH4. Il y a un progrès par kilo produit, mais c’est identique, voire moins bien au global.

En races allaitantes, la sélection se heurte à un obstacle majeur : il n’y a pas de produit équivalent au lait pour mesurer des indicateurs.

Pour les races à faible effectif, la population de référence sur laquelle s’appuyer est insuffisante.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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