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Dossier Maladies exotiques à repérer

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Vecteur. L’extension des aires de vie des insectes vecteurs de maladies est un facteur de risque. © C. Watier

Qui dit changement de climat, dit maladies émergentes à surveiller.

L’Europe tempérée a déjà vu la fièvre catarrhale ovine (FCO) et le virus Schmallenberg débarquer. Autre sujet majeur d’inquiétude, la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNCB). « Elle ne sévit pas en France, mais on observe son extension géographique dans le sud-est de l’Europe. Pour le moment, elle est contenue grâce à des campagnes de vaccination », souligne Kristel Gache, de GDS France. D’autres maladies vectorielles sont également sous étroite surveillance : la peste équine (virus), la fièvre de la vallée du Rift (virus), la fièvre West Nile (virus)… Elles sont transmises par des moucherons culicoïdes ou des moustiques, dont les aires géographiques s’étendent progressivement. « L’extension géographique est aussi liée à l’augmentation de la circulation des biens et des personnes », nuance Kristel Gache.

Éric Collin, vétérinaire dans les Côtes-d’Armor et membre des Groupements techniques vétérinaires, évoque aussi l’extension actuelle des populations de tiques, de la leptospirose, mais aussi le risque d’une exposition accrue à la grande douve si les zones humides s’accroissent. Le changement climatique peut aussi agir sur la virulence du pathogène lui-même et sur sa survie dans l’environnement. Il peut enfin avoir un effet sur les hôtes, en modifiant les circulations des populations d’animaux sauvages porteurs (sangliers, rongeurs).

Être vigilant

« Les praticiens doivent être aptes à identifier des maladies exotiques qui existent ailleurs mais sont nouvelles en France, ou des maladies nouvelles, à l’instar de Schmallenberg, souligne Éric Collin. D’autant qu’un jour ou l’autre, il y aura parmi elles des zoonoses (transmissibles à l’homme). » Il appelle les éleveurs à signaler les symptômes atypiques qu’ils repèrent, afin que les vétérinaires viennent les constater. « Il y aura une participation financière des pouvoirs publics sur une partie des frais pour ce genre de visites sanitaires », précise-t-il.

La sélection en appui

Il est possible de sélectionner des animaux sur leur résistance à une pathologie. En France, il est plutôt question d’évaluer une immunocompétence globale de l’animal. Sauf que… la résistance et la sensibilité aux maladies mettent en jeu de nombreux gènes, et sont très peu héritables. De plus, le poids de l’environnement dans lequel est élevé l’animal intervient fortement.

Les organismes de sélection en races limousine, charolaise et blonde d’Aquitaine, et l’Upra bovine de Nouvelle-Calédonie vont étudier la faisabilité d’une sélection sur la résistance aux tiques. Sur l’île, les bovins issus des races européennes y sont très sensibles, contrairement aux races zébuines. « Les principales explications tiennent à l’épaisseur de peau et la longueur des poils. Les zébus ont la peau plus épaisse et des poils plus courts », explique Julien Mante, de France Limousin Sélection. Les tiques ne peuvent donc ni se planter ni s’accrocher.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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