Les freins à l’utilisation de la vaccination sont plutôt liés aux contraintes de mise en œuvre : la double injection suivie d’un rappel multiplient les manipulations des animaux. D’autant que les éleveurs, souvent, n’aiment pas « piquer » leurs bêtes. Pour peu que ces dernières soient au pâturage, c’est un chemin de croix si l’élevage n’est pas équipé d’une contention ad hoc. S’y ajoutent, pour certains vaccins, les précautions à prendre quant au stade de gestation, qui peuvent exclure une gestion par lots. « Or, avec un gros troupeau, on ne peut pas faire « de l’épicerie » animal par animal, souligne Étienne Gavart. Un jour est consacré à la vaccination pour tout le monde. »

Pour lever ce frein, Jacqueline Bastien-Ceret s’attache à « proposer un protocole le plus simple possible afin qu’il soit respecté ». Elle encourage les éleveurs à en discuter avec leur vétérinaire « pour avoir le plan le plus pertinent par rapport à leur conduite d’élevage » et éviter des échecs mal vécus.

Une assurance

Le coût est également un obstacle, surtout en temps de crise. Bernadette Le Normand, vétérinaire en Bretagne, rappelle « la situation précaire des éleveurs de lapins, qui est un frein à la prophylaxie et aux vides sanitaires. Faute de revenus, certains ne peuvent plus vacciner contre la maladie hémorragique virale, dont l’injection coûte cher. » Pourtant, les pertes en cas de pépin sont vite très supérieures. « Le vaccin lisse les dépenses, c’est une assurance pour être tranquille », argumente Étienne Gavart. Il est à mettre en balance avec le coût d’une pathologie, entre dépenses de santé et pertes liées aux baisses de performances.

Bernadette Le Normand attire également l’attention sur le manque de recherches et d’innovations scientifiques pour les espèces mineures. « Personne ne les aide. Les éleveurs ne peuvent pas tout faire seuls ! Il faut des outils, des financements et des appuis de la part de l’Inra et des écoles vétérinaires. Il serait judicieux également que les laboratoires pharmaceutiques bénéficient d’autorisations de mise sur le marché (AMM) allégées pour les vaccins à destination des espèces mineures », plaide-t-elle.