«Le rayon produits locaux, s’il vous plaît ? » Voilà une question rarement posée à l’accueil d’un hyper… « Suivez l’allée centrale, vous tomberez dessus à l’entrée des fruits et légumes », répond l’hôtesse de l’Intermarché de Gif-sur-Yvette (Essonne). Au lieu indiqué, un corner estampillé « Direct Market » met en valeur des poireaux, carottes, betteraves… Sur les paniers et cageots, des affiches signalent l’identité des producteurs. L’espace est bien décoré, visible de tous.

Mieux payé mais pas plus cher

Voilà trois semaines qu’Annick Bodin, la patronne, le teste dans son magasin. Une manière de se démarquer de ses concurrents en répondant à une attente grandissante de la clientèle locale. « Les retours sont très positifs », apprécie-t-elle. Déjà, elle pense agrandir le stand et vante le concept auprès de ses collègues.

Direct Market est un acteur d’un nouveau genre. Une « place de marché » qui débarque dans le secteur de la grande distribution avec cette proposition : faciliter l’approvisionnement des magasins en produits locaux. D’autres enseignes d’Ile-de-France, comme Franprix, y ont déjà recours. « Nous apportons les outils dont ils ont besoin : une interface web permettant de passer les commandes très facilement, un service logistique optimisé, des supports de communication, du mobilier… », explique Sébastien Pelka, à l’initiative de la démarche.

Son objectif : ne pas négocier les prix aux producteurs et agir sur les coûts logistiques (aujourd’hui de 70 euros/palette, dégressif), pour permettre des tarifs équivalents au reste du rayon. La livraison est à la charge du distributeur, tout comme la commission (16 % du prix producteur). Le paiement s’effectue par prélèvement sur ses comptes. « Comme ça, pas de problème de retard ! » Au final, l’agriculteur touche en moyenne « 35 à 40 % du prix de vente » et le distributeur améliore son offre alimentaire, à moindre frais.