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Dossier 4. A l’école du bien-être animal

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1er prix © Cédric FAIMALI / GFA

Une vingtaine de lycées et de MFR ont participé à l’édition 2016 du concours des notaires ruraux. Thème de l’année : le bien-être animal dans la filière élevage.

«On les aime nos bêtes ! » C’est un cri du cœur que lancent les élèves de première CGEA (Conduite et gestion d’exploitation agricole) du lycée des Sicaudières, dans les Deux-Sèvres. Ils ont reçu, le 2 mars 2016, le premier prix du concours des lycées agricoles organisé par l’Inere (1), pour leur travail sur le bien-être animal. Un dossier de vingt-cinq pages sur l’évolution de la réglementation et son application dans différentes filières.

Savoir communiquer

Une vingtaine d’établissements se sont prêtés à cet exercice pluridisciplinaire mêlant travail de recherche, analyse de documents et réflexions sur le métier d’éleveur. Souvent à partir de préoccupations locales : les lycées d’Orthez (64) et de Périgueux (24) se sont intéressés à la production de foie gras ; dans le Nord, les élèves de Genech ont dressé un état des lieux sur les pratiques d’écornage des veaux, en listant en prime leurs préconisations ; ceux des Etablières, en Vendée, ont profité de leur salon local « Tech’Elevage » pour sonder les professionnels… Les lauréats poitevins ont de leur côté creusé le volet politique. « Lors de nos recherches, nous avons constaté qu’une députée de notre département, Geneviève Gaillard, avait déposé une proposition de loi concernant notre sujet. Nous avons décidé de l’inviter pour échanger avec elle », racontent-ils. Une manière d’approfondir les connaissances acquises en cours.

« L’enseignement du bien-être animal en bac pro passe essentiellement au travers des leçons de zootechnie », explique Amélie Lipp, qui rédige actuellement une thèse sur le sujet (lire l’encadré). Selon elle, le nombre d’heures consacrées dépend des professeurs, « ce qui donne lieu à des interprétations et des prescriptions différentes… » Aux Sicaudières, Justin Courilleau apprécie d’avoir pu approfondir la question grâce au concours. « Je me sens plus à l’aise, confie-t-il. J’ai compris qu’au-delà des normes, le bien-être animal est surtout une question de bon sens ! » Pour son camarade, Emmanuel Houet, « c’est aussi un axe de communication auprès du grand public ». Une stratégie incontournable pour ce « passionné d’élevage », qui projette de monter un magasin à la ferme, lorsqu’il s’installera. « Quand un client viendra visiter mon exploitation et me questionner sur mes méthodes de travail, je saurai lui répondre ! »

Alain Cardinaux

(1) Institut notarial de l’espace rural et de l’environnement.

« Les enseignants veulent être mieux formés »

Amélie Lipp, doctorante à l’Enfa (1), rédige une thèse sur l’enseignement du bien-être animal en bac pro

« Si l’appréhension du bien-être animal dans les lycées a changé les cinq dernières années, des verrous demeurent. En bac pro, on évalue la capacité des élèves à en tenir compte à travers différents modules. Mais il y a de fortes disparités entre les manières d’aborder le sujet par les enseignants… Beaucoup se figurent que leurs classes y sont réfractaires et n’osent pas l’approfondir. Pourtant, les jeunes ne se braquent pas si on travaille à partir du lien qu’ils tissent avec les animaux ! La réforme du bac pro en cours pourrait intégrer cette question, sous l’angle agroécologique. Reste que les professeurs manquent de formation, en éthologie surtout (étude du comportement des animaux, ndla). Des réflexions sont en cours pour mieux les accompagner. »

(1) Ecole nationale de formation agronomique.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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