Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier 3. Les logettes et caillebotis remplacent l’aire paillée

réservé aux abonnés

 - -->

Jérôme Siriex a transformé l’aire paillée qu’il avait déjà réduite à la fin des années 2000 pour ne plus épandre de litière.

Récemment, Jérôme Sirieix, installé à Liginiac, en Corrèze, a modifié de fond en comble la stabulation de ses limousines. A la place de l’aire de couchage, il a installé des logettes dos à dos avec une fosse caillebotis entre les deux. Résultat, les besoins en litière sont quasi nuls. En 2012, il les avait déjà fortement réduits en bétonnant un couloir de 4,5 m derrière les cornadis. Cet aménagement (décrit dans La France agricole du 6 avril 2012) avait permis à Jérôme d’économiser 5 kg de paille par vache et par jour. À l’échelle du troupeau, l’économie s’élevait à 30 € par jour, soit 4 500 € pour tout l’hivernage.

« J’ai franchi un cap supplémentaire car je suis allergique à la poussière », indique Jérôme. L’aménagement représente un investissement de 100 000 €. La fosse caillebotis de 75 m de long sur 3,15 m de large a nécessité à elle seule 40 000 €. « J’ai quasiment réalisé tous les travaux moi-même, explique-t-il. J’ai creusé la fosse de 2,5 m de profondeur. Elle était suffisamment éloignée des dés pour ne pas mettre en danger l’équilibre de la construction. » Des plaques en béton préfabriquées ont ensuite été posées pour former un bloc hermétique, les caillebotis recouvrant l’ensemble.

Confort de couchage

La capacité du bâtiment a augmenté, et est passée de 84 à 98 places. Toutefois, les veaux logent à part. Ils accèdent par un passage sélectif à une aire paillée installée dans un appentis de 6 m de large construit sur le long pan nord. « J’ai conservé le bas du mur existant entre les logettes et l’aire paillée des veaux et déplacé le bardage. » Aucun vêlage ne se passe dans la stabulation puisqu’ils se déroulent à l’automne au pâturage.

« Les vaches ont mis quelques jours pour s’habituer à la nouvelle installation », indique Jérôme. Le déplacement sur des caillebotis n’est pas évident pour les animaux qui ne marchent d’ordinaire que sur de la paille ou du béton. Une fois la phase d’adaptation passée, les vaches ont vite apprécié le confort de couchage des logettes. « J’ai choisi de les équiper avec des matelas pour un confort optimal », précise Jérôme. Ils ont coûté 140 € par place. La formule la plus abordable proposée par les commerciaux s’affichait à 100 € par place. L’inconvénient, c’est que les veaux délaissent volontiers leur aire paillée pour monopoliser les places des vaches lorsqu’elles sont bloquées au cornadis. Cela ne pose pas de problèmes, si ce n’est qu’il y a quelques bouses à enlever. Jérôme passe de temps en temps une raclette dans les logettes, ainsi que dans les zones de circulation entre le caillebotis et le couloir raclé.

« Le réglage des logettes s’effectue comme pour les vaches laitières, souligne Jacques Boit, de la chambre d’agriculture. L’étalonnage doit se faire sur la taille moyenne du tiers des animaux les plus grands. Le positionnement de la barre au garrot et de l’arrêtoir est fondamental pour une bonne installation des animaux. »

Monte naturelle. « Les vaches ont mis un mois pour s’habituer aux caillebotis, indique Jérôme Sirieix (à d.), avec Jacques Boit. Aujourd’hui, il n’y a plus de problème. La monte naturelle se passe davantage sur cette zone car le couloir raclé est plus glissant. » © Photos : M.-F. Malterre
Matelas. Ils ont coûté 140 €/place et apportent du confort aux vaches.
Fumière tranformée en fosse. Le lisier tombe en contrebas dans la fumière, qui a été « étanchéifiée » depuis l’abandon du paillage.
Libre service. Il jouxte le couloir raclé. « Je vais ajouter un bastaing au pied du râtelier pour éviter le gaspillage », explique Jérôme.
Transformation de la fumière en fosse

La fumière existante a été transformée en fosse à lisier. Avant l’installation des logettes, elle stockait le fumier mou raclé avec le tracteur. L’effluent, qui se tenait mal, tombait dans un contrebas, de sorte qu’il n’était pas nécessaire de le relever. Sans aucune paille, en revanche, il fallait stopper la fuite du liquide. Si la nouvelle installation a engendré de nombreux frais, elle occasionne une économie de paille, de l’ordre de 7 200 € par an (6 kg de paille par vache et par jour). Les frais d’épandage du lisier sont plus faibles que ceux du fumier, d’autant qu’un épandeur étanche était nécessaire. Jérôme estime dépenser 900 € de moins chaque année pour l’épandage. Le travail lié au paillage en moins représente 1 heure chaque jour. « Concernant la quantité des éléments fertilisants produits, ils ne changent pas, rappelle Jacques Boit, de la chambre d’agriculture. Car ceux contenus dans la paille restent très limités. »

110 000 €

Aménagement : 35 000 €.

Logettes : 9 000 €.

Caillebotis : 12 000 €

Matelas : 14 000 €.

Béton : 12 000 €.

Extension : 20 000 €.

Malaxeur : 8 000 €.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités


Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !