Dans un même élevage, avec une même génétique, la variabilité entre truies est considérable : 50 % du total des porcelets écrasés après la libération des mères le sont par 10 % des truies. Et 65 % des truies n’ont pas écrasé un seul porcelet.

« Les qualités maternelles sont l’un des objectifs de sélection en race pure, rappelle Joël Bidanel, du pôle génétique de l’Ifip. Pour l’évaluer, on tient compte des pertes en maternité, toutes causes confondues. Depuis quelques années, les sélectionneurs notent aussi le comportement de la truie : la nervosité pendant la mise bas, la longueur de la mise bas, la présentation de la mamelle aux porcelets, l’agressivité, la façon de se coucher, ainsi que les attitudes de malveillance vis-à-vis de ses porcelets. Ces critères tendent à sélectionner les plus maternantes. » En France, il n’est pas encore possible de travailler sur le caractère « écrasement » car les éleveurs sélectionneurs ne sont pas équipés de cases liberté. Le comptage du nombre de porcelets écrasés peut donc être biaisé par d’autres facteurs, comme l’équipement de contention ou le comportement du porcelet. Quant aux truies en élevages de production, où des mesures à plus grande échelle pourraient être faites, elles sont croisées, ce qui complexifie la sélection. « Il existe une variabilité génétique, mais il est difficile d’enregistrer ces paramètres de façon assez fiable pour les intégrer dans un modèle de sélection », explique Joël Bidanel.

Réduire les pertes

Dans le groupe Topigs Norsvin, « la philosophie de la sélection est d’abord de réduire les pertes, avant d’aller chercher de la productivité numérique, rappelle Rémi Maguer, directeur de la filiale française. Si la productivité numérique s’accroît, il faut que le porcelet supplémentaire soit vendu. » En sélection, les truies sont en liberté totale et mettent bas sans intervention humaine, afin de laisser s’exprimer les caractères pour pouvoir les sélectionner. « Nous nous attachons aux qualités maternelles, au nombre de tétines et à leur qualité, à la vitalité et au poids des porcelets… Le caractère porcelet écrasé est lié au comportement de la truie et à la vitalité du porcelet. »