Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier 2. Une année pour se perfectionner

réservé aux abonnés

 - -->
Autonomie. « Un certificat de spécialisation est un plus, même après un BTS : il permet de gagner en autonomie et de se projeter concrètement sur sa future exploitation », témoigne Romain Jouteau, bientôt installé. © CHRISTIAN WATIER

Romain Jouteau a choisi le certificat de spécialisation (CS) pour anticiper au mieux son installation.

Le 1er juillet 2016, Romain Jouteau deviendra officiellement éleveur. En période de crise, il y a des premiers pas dans la profession qui se remarquent. Et qui interpellent.

Romain n’a rien d’une tête brûlée. A 21 ans, c’est plutôt sa maturité et sa curiosité qui sautent aux yeux. Cela fait longtemps aussi qu’il veut devenir agriculteur – comme ses parents ! – et qu’il connaît les difficultés. Avec pragmatisme, il cherche à les limiter et à faire de son rêve son métier. Son secret : sa formation.

Guidé par sa passion pour la production bovine, il a choisi son parcours avec attention. Après un bac pro CGEA (Conduite et gestion de l’exploitation), il a suivi un BTS Acse (Analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole) par apprentissage à l’Esa d’Angers. « Je voulais cumuler des connaissances techniques en polyculture-élevage et travailler la gestion, la comptabilité, la fiscalité et le juridique. »

Suivi technique

L’alternance s’est imposée à lui comme la voie la plus sûre. « Cela m’a permis de gagner en expérience » et d’acquérir la polyvalence et l’adaptabilité requises pour le métier. Il a aussi mesuré sa détermination, notamment dans la recherche d’un maître d’apprentissage : « Je me suis rendu dans une petite dizaine de fermes, j’ai téléphoné aussi. Et c’est finalement l’un de ceux qui m’avaient dit non au départ, qui m’a pris. » Engager un apprenti réclame une disponibilité qui, bien souvent, fait défaut. Mais Romain a trouvé : « J’aurais pu continuer à me former chez mes parents mais je voulais aller voir ailleurs, d’autres productions, d’autres systèmes de travail pour avoir un œil extérieur. »

Le Ligérien a ainsi passé deux ans sur le Gaec des Deux-Villages, spécialisé en polyculture-élevage, à Saint-Hilaire-du-Bois, en Maine-et-Loire. Puis il a décidé d’ajouter à son arc un certificat de spécialisation (CS) en conduite de l’élevage laitier, dispensé par le CFA de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire (Agrilia). « C’est l’enseignement idéal pour se projeter dans sa future installation. Pendant un an, on multiplie les situations, on côtoie des professionnels : c’est concret. Je voulais avoir cette dernière expérience avant de me lancer dans la vie active, pour le suivi technique et une pratique plus fine encore. Comme un perfectionnement, qui n’est pas négligeable pour le métier. »

Pour son CS, Romain alterne des périodes au centre de formation d’apprentis (CFA) – 13 semaines dont 9 sur la ferme expérimentale des Trinottières à Montreuil-sur-Loir (Maine-et-Loire) – et des périodes à Nueil-sur-Layon (Maine-et-Loire), chez ses parents, devenus entretemps maîtres d’apprentissage. Car tout s’est accéléré : le 1er janvier 2016, la famille a acquis l’exploitation voisine. Et Romain s’y installe à partir du 1er juillet (en association avec sa mère et son père). Son frère jumeau, Antoine, qui suit également une formation agricole, a décidé, après un BTS Acse en apprentissage, de poursuivre son parcours à Bressuire (Deux-Sèvres) par un CS agroéquipement.

Rosanne Aries

Un bagage technique supplémentaire

En vue d’un projet d’installation ou de salariat, le certificat de spécialisation (CS) de niveau IV est accessible aux personnes titulaires d’un Bac ou d’un BTS, à la recherche d’un bagage technique supplémentaire. Sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation d’un an, l’alternant passe les deux tiers de son temps sur une exploitation et le reste (13 à 16 semaines) dans un centre dédié. Il existe au total une cinquantaine de spécialisations pour les secteurs agricoles et para-agricoles, dont une dizaine favorisant l’installation (production avicole, caprine, laitière, porcine, produits fermiers, jeunes équins, bovins viande, etc.).

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !