Installés à Mâle, dans l’Orne, Alexandre et Benoît produisent 550 000 litres de lait sur 135 ha de SAU. « Notre élevage ne se situe pas dans une zone de production de fromage AOP. Exploiter la mixité de nos normandes est donc notre manière de créer de la valeur ajoutée sur l’atelier lait », expliquent-ils.

25 bœufs par an

Le produit viande issu des vaches de réforme représente 90 €/1 000 litres de lait produits. « Il paye quasiment notre stabulation, qui nous coûte 100 €/1 000 l », relève Alexandre. Même si leur priorité reste la production laitière, les deux éleveurs portent une attention particulière aux index de mixité, à l’heure de choisir les taureaux d’insémination. « Nous sommes évidemment attachés aux index de production, de morphologie et aux fonctionnels pour notre activité laitière principale, reconnaît Benoît. Mais nous veillons à choisir des taureaux positifs sur la hauteur au sacrum, ainsi que la largeur et la profondeur de poitrine. Ce sont des caractères importants pour obtenir de belles carcasses de nos vaches de réforme. »

Sur les prairies les plus éloignées du siège de l’exploitation, Benoît et Alexandre élèvent également 25 bœufs chaque année. Là encore, les éleveurs surveillent de près les index de mixité. « Nous évitons les taureaux négatifs sur l’index de musculature, affirme Alexandre. Ce caractère est très parlant sur nos bœufs. Nous faisons tout de suite la différence avec un animal issu d’un taureau bien orienté sur ce caractère. Son développement musculaire est plus précoce et plus prononcé. » Les bœufs sont vendus en moyenne 1 500 € par tête, pour un poids de carcasse d’environ 430 kg. « La conduite économe de cet atelier nous permet de réaliser une marge brute de 575 €/UGB, ce qui nous situe dans le quart supérieur de notre centre de gestion », relève Benoît.

Après dix ans d’installation, les associés se sont posé la question de poursuivre ou non l’élevage des bœufs. « Le conseiller de gestion nous a répondu de ne surtout pas arrêter cet atelier, qui est rentable », sourit Benoît. Les bœufs comme les vaches de réforme sont valorisés via la Filière qualité race normande (FQRN). Nous comptons donc continuer à intégrer les index de mixité dans le choix des taureaux d’insémination ! »

L’expert
« Une gamme de taureaux normands culards » Dominique Bauchot, responsable diffusion race normande chez Origen plus

«Le prochain Isu en race normande, actuellement en discussion, devrait davantage prendre en compte les index d’aptitude bouchère en jeunes bovins et en veaux de boucherie, qui sont propres aux races mixtes. Pour répondre aux attentes d’éleveurs soucieux de valoriser au mieux les aptitudes bouchères de la race, nous avons mis en place un microschéma baptisé « Normands de forme ». Il comprend aujourd’hui cinq taureaux porteurs du gène culard, dit « Mh ». Les éleveurs utilisateurs de ces taureaux se situent pour la plupart sur des marchés de niche en vente directe. Ce sont avant tout des éleveurs laitiers et il n’est pas rare de voir dans leur troupeau des vaches en production porteuses du gène Mh, avec un arrondi de culotte bien prononcé. »