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Dossier 2. Des débouchés volatils sur le grand export

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Lait infantile. Parfois perçu comme un eldorado, le marché chinois n’est pas sans danger pour les transformateurs français. © C. Faimali/GFA

Si des marchés existent hors des frontières européennes, la concurrence fait rage et l’instabilité des prix menace.

D’après le Cniel, la consommation mondiale de produits laitiers progresse de 2,5 % par an, tirée par les pays émergents. « Nous sommes un pays d’exportation, et nous devons le rester », insistait Michel Nalet, directeur des relations extérieures du groupe Lactalis, lors de l’assemblée générale de la FNPL en mars dernier. De leur côté, les coopératives ont « besoin de cette ouverture pour [se] diversifier et être plus performantes », estime Damien Lacombe, président de Coop de France Métiers du lait.

Les poudres de lait infantiles ont le vent en poupe, avec la Chine comme principal client. L’Union européenne en est le premier exportateur mondial en 2017. La France se place au deuxième rang des exportateurs européens, avec 23 % des envois. Dans l’Hexagone, la construction de tours de séchage s’est multipliée, fruit de partenariats entre industriels français  essentiellement des coopératives  et chinois. Ces derniers confortent leur stratégie d’investissement à l’étranger pour approvisionner leur marché domestique. Depuis 2013, le groupe H & H (Biostime) a acquis 20 % du capital d’Isigny-Sainte-Mère, en tant qu’associé non-coopérateur. La coopérative a annoncé en avril dernier le projet d’une cinquième tour de séchage à l’horizon 2020. Ses adhérents ne s’en plaignent pas. À la faveur de la hausse du prix du beurre et du développement des marchés chinois du lait infantile, ils ont perçu une ristourne de près de 30 €/1 000 l en 2017.

Mûrir les projets

Cependant, ces partenariats ne sont pas sans risques (lire l’encadré ci-dessous). Pékin pourrait aussi renforcer les conditions de commercialisation des recettes infantiles dans les années à venir. « Les autorités entendent clarifier et réorganiser le marché », rapporte Jean-Marc Chaumet, spécialiste de la Chine à l’Institut de l’élevage.

Le marché des fromages-ingrédients est également un débouché dynamique en Europe et au-delà. « Les investissements industriels pour les fromages s’accélèrent », note Benoît Rouyer, économiste au Cniel.

Le projet d’agrandissement de l’usine de mozzarella d’Eurial, à Herbignac (Loire-Atlantique), s’inscrivait dans cette optique, prévoyant de doubler la capacité de production à l’horizon 2020. Mais les responsables de la coopérative ont préféré jouer la prudence en ajournant le début des travaux. « La première étape serait de mieux valoriser les sous-produits de la mozzarella, déclarait Pascal Le Brun, président d’Eurial, dans les colonnes de L’Éleveur laitier en juin dernier […]. Investir pour des produits vendus sur des marchés volatils réclame de bien optimiser l’outil et de fabriquer des ingrédients à valeur ajoutée. Il faut prendre le temps de la réflexion. » D’autant que la concurrence s’accroît en Europe (lire « Belgique : 100 000 tonnes de mozzarella produites »).

Synutra, le mauvais partenaire

Les coopératives Sodiaal et Maîtres laitiers du Cotentin (MLC) pensaient trouver en Synutra le bon allié pour accéder au marché chinois des laits infantiles. Les investissements sont conséquents : 170 millions d’euros (M€) pour l’usine de Carhaix (Finistère) déboursés par Synutra et 116 M€ pour le site de Méautis (Manche), investis par MLC. Les deux coopératives ont signé un contrat de dix ans avec l’industriel chinois : Sodiaal s’est engagée à fournir 280 millions de litres de lait par an au site finistérien, et MLC à produire 690 millions de briquettes de lait. Mais des difficultés sont apparues à l’été 2018 (1). Synutra présenterait des problèmes de commercialisation de ses laits infantiles en Chine. Si Sodiaal pourrait en partie racheter le site de Carhaix, l’industriel chinois a rompu son contrat avec MLC. Et pour les deux usines, la question des débouchés reste entière.

(1) Lire La France agricole n° 3762 du 31 août.

L’UE, principale destination

• Les exportations représentent 40 % de la collecte laitière française :

• 30 % dans l’Union européenne : principalement des fromages et des produits frais.

• 10 % sur le « grand export » : principalement des produits secs (poudre de lactosérum, poudre de lait, recettes infantiles).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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