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Dossier 1. Prévenir vaut mieux que guérir

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Systématique. Aujourd’hui, 80 à 90 % des porcs sont vaccinés contre le mycoplasme. © C. THIRIET

Le vaccin est avant tout un outil de prévention des maladies. Il est d’autant plus recommandé que la taille du cheptel est importante.

«La vaccination préventive, c’est quand il ne se passe rien, pour qu’il ne se passe rien. La vaccination curative, c’est quand on a des ennuis, pour que les ennuis s’arrêtent », résume un vétérinaire. Les risques de pathologies infectieuses augmentant avec la taille du cheptel, la vaccination préventive est d’autant plus recommandée dans les gros troupeaux. Les filières porcine et avicole, dans lesquelles le nombre d’animaux par bâtiment est élevé, l’ont largement intégrée dans leurs pratiques.

Respect des conseils

« En production porcine, la forte réduction de l’utilisation des antibiotiques depuis quinze ans est en grande partie due à un recours massif à la vaccination, menée en parallèle à la modernisation du parc bâtiments et la conduite en bandes », confirme Philippe Le Coz, vétérinaire en Bretagne.

Les filières bovines sont moins pionnières. « Les éleveurs bovins n’ont pas tellement la culture de la vaccination, souligne un vétérinaire. Le vaccin est ressenti comme une charge financière, pas comme un investissement. Pour l’éleveur, il coûte cher. » Conséquence, ils sont seulement un tiers à pratiquer la vaccination. « Pourtant, en vaccinant un groupe d’animaux, on réduit aussi la pression infectieuse dans l’élevage », argumente Étienne Gavart, directeur du Groupement de défense sanitaire du Calvados (GDS 14). Le GDS a voulu cerner les profils des éleveurs faibles consommateurs d’antibiotiques, tout en ayant de bons résultats zootechniques. Il a lancé une étude, dont les résultats ont été présentés en 2016.

Conclusion, « ces éleveurs « modèles » respectent les préconisations usuelles et pratiquent des mesures préventives », résume Étienne Gavart. Ils n’entassent pas les vaches dans la stabulation, ne les laissent pas se coucher juste après la traite, ne les stressent pas, administrent le colostrum aux veaux, etc. Ils vérifient aussi l’état sanitaire d’un animal avant tout achat et installent des doubles clôtures pour éviter le contact avec les animaux voisins, afin de garder sous contrôle leur propre microbisme. Et pour 57 % d’entre eux, ils pratiquent la vaccination en préventif. Un chiffre bien supérieur à celui de l’enquête du SIMV (lire ci-contre).

En Porc, une forte couverture vaccinale

« En élevage porcin, on ne peut pas se permettre de ne pas avoir de politique sanitaire préventive, souligne Philippe Le Coz. Les pertes économiques seraient trop importantes. Les cheptels sont de grande taille. Dès qu’il y a un problème sanitaire, il prend tout de suite une allure épidémique. »

Les vaccins représentent en moyenne 50 à 60 % des dépenses de santé (voir tableau). Ceux contre le mycoplasme et le circovirus sont les plus fréquents. D’autres dépendent du contexte sanitaire, comme le SDRP. Le coût de l’injection (0,8 à 1,2 €/porc) est supérieur à celui d’un traitement antibiotique curatif (par exemple 0,4 €/porc en engraissement contre les pathologies respiratoires). « Mais il faut voir au-delà et tenir compte des chutes de performances technico-économiques en cas de maladie, insiste Isabelle Corrégé, de l’Institut du porc (Ifip). Par exemple, il y a un écart de 120 €/truie/an entre un élevage fortement touché par une pathologie respiratoire et un autre faiblement touché. Pour le SDRP, le coût peut aller jusqu’à 180 € par truie. »

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Fréquence

Parmi les éleveurs enquêtés par le SIMV, ils sont :

37 % à vacciner leurs bovins tous les ans contre les broncho-pneumonies infectieuses

28 % contre la diarrhée virale bovine (BVD)

25 % contre les gastro-entérites néonatales

17 % contre les entérotoxémies

31 % à ne jamais vacciner contre aucune de ces quatre maladies

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Cet article est paru dans La France Agricole

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