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Dossier 1. Prévenir les maladies contagieuses

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Bâtiment. La stabulation a été agrandie pour accueillir les 45 prim’holsteins du deuxième troupeau. © Marylou Bressand

Le Gaec du Soleil levant a mis en place un suivi sanitaire avant la fusion de deux troupeaux.

Le grand jour approche pour le Gaec du Soleil levant : le bâtiment est enfin prêt pour accueillir le nouveau troupeau. À Ruffiac, dans le Morbihan, Lionel Menant est associé avec Patrick Tastard depuis 2002. En vue de l’installation du fils de Patrick, Romain, ils ont repris la ferme d’un voisin partant à la retraite. Ainsi, d’ici quelques jours, 45 vaches (encore dans l’ancien bâtiment) s’ajouteront à leurs 85 laitières. Les trois éleveurs réfléchissent à ce projet depuis février 2015. Ils ont décidé d’investir dans un deuxième robot de traite et d’agrandir leur bâtiment pour accueillir toutes les laitières au même endroit. En août dernier, quand « tout le projet financier était ficelé », précise Lionel, ils ont informé le GDS (groupement de défense sanitaire) de Bretagne. Un suivi spécifique au regroupement a été mis en route.

Déterminer les statuts sanitaires initiaux. « En concertation avec le vétérinaire praticien qui suit l’élevage, et à partir des informations disponibles, nous avons établi un premier état sanitaire », explique François Guillaume, le vétérinaire du GDS ayant accompagné les éleveurs au cours de ce projet. « Le Gaec du Soleil levant était favorable pour la BVD (diarrhée virale bovine) mais le statut n’était pas certain pour le deuxième élevage. »

Réaliser des analyses. Les premières informations permettent de choisir la nature des tests à effectuer. Une sérologie du lait de tank, des analyses à partir de prélèvements du lait des primipares (1) ainsi que de l’environnement (déjections) ont été préconisés. « Ce sont des tests relativement peu coûteux, peu contraignants pour l’éleveur et qui offrent des garanties acceptables », estime le vétérinaire du GDS. Des analyses plus poussées, comme des prises de sang, peuvent être réalisées sur certaines catégories d’animaux quand les statuts sont défavorables. Pour Lionel, les tests sont aussi une façon de se rassurer : « Nous travaillons régulièrement avec l’ancien propriétaire du troupeau. Cependant, les maladies sont le genre de problème que l’on garde pour soi », explique-t-il.

« Les résultats des analyses étaient globalement bons, constate François Guillaume. Les deux troupeaux sont jugés favorables pour la néosporose et la paratuberculose. Les tests ont aussi permis de classer le deuxième troupeau en statut favorable pour la BVD. » Un seul risque a été identifié : la fièvre Q. Cette maladie, « retrouvée très fréquemment dans les élevages » selon le vétérinaire, a été détectée dans le lait du tank et des primipares de Lionel et Patrick. En revanche, la bactérie n’était pas présente dans le troupeau qu’ils ont acheté. « Dans le cas où un élevage est porteur de la maladie et l’autre non, le risque sanitaire est plus élevé », explique le conseiller.

Mesures de précaution. Dans cet élevage, des actions préventives contre la fièvre Q étaient envisageables. « Nous préconisions la vaccination des animaux de plus de quatre mois dans le troupeau non porteur, avec une deuxième injection au minimum trois semaines avant le regroupement », retrace le vétérinaire. « Nous n’avons pas opté pour la vaccination, à cause du coût que cela représente, indique Lionel. Mais nous restons en alerte et envisageons de nouvelles analyses. Nous avons également construit trois box de vêlage supplémentaires car la contagion est particulièrement forte à ce moment-là. »

La vaccination, ou d’autres traitements, peuvent nécessiter plusieurs semaines avant d’être efficaces. C’est pourquoi les conseillers sanitaires souhaitent être informés de la fusion de troupeaux six mois à l’avance (voir ci-dessous). Les analyses ne doivent cependant pas être effectuées trop tôt car les statuts sanitaires peuvent évoluer.

(1) Les primipares sont analysées finement car une jeune vache touchée indique que la contamination est récente.

Limiter l’impact de Mortellaro

« Une vache qui souffre à une patte n’ira pas se faire traire », constate Lionel Menant, fort de son expérience de dix ans en robot de traite. Un mois avant la fusion, les éleveurs ont donc paré les vaches boiteuses et celles aux onglons longs dans les deux troupeaux. Le pareur a diagnostiqué la dermatite chez une dizaine d’animaux. Un traitement a été mis en place pour éviter la contagion. Chaque vache atteinte a été soignée avec un spray antibiotique, une fois par jour au moment de la traite. D’après Lionel, « une amélioration a été constatée après 4 ou 5 jours ». Par précaution, les autres vaches seront également parées. En complément, un pédiluve sera mis en place à la sortie du pâturage, deux fois par semaine pendant au moins trois semaines. Des aménagements ont été réalisés dans les bâtiments pour limiter les risques de boiteries : « Le nouveau sol en béton a été passé au vinaigre pour neutraliser le revêtement qui peut être abrasif, les rainures des couloirs d’exercice ont également été refaites pour éviter de glisser. »

Les fusions de cheptel favorisent les boiteries en facilitant la propagation de la maladie de Mortellaro (ou dermatite digitée). Elle se manifeste par des lésions cutanées circonscrites superficielles de la peau digitée, situées le plus souvent entre les talons sur les pieds postérieurs.

Le Guide d’intervention pour la gestion sanitaire des regroupements de troupeaux bovins (1) propose des protocoles pour établir les statuts des maladies les plus fréquentes. Pour les boiteries, le statut est favorable si plus de 80 % des vaches ne présentent pas de signes de douleur (pas de position de soulagement au niveau des pieds, des membres droits et parallèles et une ligne du dos droite). Dans le cas contraire, le guide préconise le parage de tous les animaux souffrants et de l’ensemble du cheptel si la dermatite est présente. Il est conseillé de réaliser un parage chaque année. Pour le logement, l’humidité et une mauvaise hygiène des aires de vie sont des facteurs de risque supplémentaires.

(1) Unité de maîtrise de la santé des bovins, 2014, Joly A., Roussel P.

Associés. Patrick, Lionel et Romain (de g. à d.) ont installé un deuxième robot pour les 130 laitières.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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