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Dossier 1. L’appel de la ferme

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Entraide. © Cédric FAIMALI / GFA

Gwénaëlle Desrumeaux se destinait au journalisme mais la passion de l’élevage l’a rattrapée. Après ses études, elle reprendra la ferme familiale.

Rien ne prédestinait Gwénaëlle à reprendre l’exploitation familiale. Fille d’éleveur picard, elle a préféré s’orienter vers une filière littéraire au lycée. Puis, après son bac, vers une licence de journalisme, à Lille, à la grande fierté de ses parents. Mais au décès de son grand-père, tout a basculé. « Mon père s’est retrouvé seul avec beaucoup de travail, raconte-t-elle. Alors je l’ai épaulé comme je pouvais. » Chaque vendredi soir, la voilà de retour à la ferme, troquant ses escarpins contre des bottes pour aller « direct à la traite ».

Ouverture d’esprit

Au fil des semaines, ce qui n’était qu’une passion d’enfant a mûri en projet professionnel. Jusqu’à l’heure des choix : son diplôme en poche, allait-elle poursuivre son cursus ? « J’ai passé les concours d’entrée en école de journalisme mais, après un été de réflexion, ma décision était prise : je serai agricultrice ! » Restait le plus difficile, l’annoncer à la famille. « Mon père a eu du mal à l’accepter, confie-t-elle. J’étais douée à l’école et il me voyait faire autre chose... Je crois qu’il avait surtout peur que je n’y arrive pas. » Gwenaëlle a redoublé d’efforts pour lui prouver le contraire. « C’était dur mais la passion a pris le dessus et il est fier de moi aujourd’hui. »

Autre défi : reprendre les études car « connaître le terrain ne suffit pas ». Elle s’est inscrite en BTS « production animale » à l’Institut de Genech, dans le Nord, où elle côtoie des élèves issus de filières professionnelles ou scientifiques. Ils échangent sur leurs projets respectifs et sur la crise agricole aussi. « Notre génération croit à l’agriculture, affirme-t-elle. Nous ne sommes pas encore dans le monde du travail mais nous savons que des changements s’imposent sur les exploitations et qu’il faudra trouver de nouveaux marchés, en vente directe par exemple. »

Comme beaucoup de ses camarades, Gwenaëlle veut se former dans ce sens. Après son BTS, elle vise un certificat de spécialisation (CS) en transformation et entend s’installer « dans cinq ans maximum », en Gaec, avec son frère. En attendant, elle considère son parcours comme un atout : « Ce n’est pas une erreur d’aiguillage. Le journalisme me procure une ouverture d’esprit et le BTS nous prépare à être de bons techniciens. Les deux m’apportent beaucoup et je me sens plus mûre pour me lancer ! »

Alain Cardinaux

Les belles leçons du Trophée national des lycées agricoles

« Notre vache a un fort caractère… comme nous ! » Avec quatre amies de l’Institut de Genech (59), Gwénaëlle Desrumeaux a participé à l’édition 2016 du Trophée national des lycées agricoles (TNLA), lors du dernier Salon de l’agriculture. Elles sont venues présenter Hollandia, une jolie rouge flamande issue de l’exploitation de Genech. « Le dressage a été une vraie opération de séduction, confie Gwénaëlle. Il a fallu gagner sa confiance, qu’elle nous prenne en affection... » Les cinq filles ont aussi appris à travailler en équipe et à donner de leur temps « sans compter » pour apprendre à Hollandia a bien marcher en public. Une exigence commune aux 300 lycéens engagés dans l’aventure du TNLA. Nos nordistes n’ont pas remporté le grand prix cette année (dans les mains du lycée de Tulle Naves, en Corrèze). Cependant, elles gardent un beau souvenir des rencontres entre équipes. « Ce concours a aussi été l’occasion pour nous de créer un lien fort avec la ferme de notre institut », insiste Gwénaëlle.

© Cédric FAIMALI / GFA
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Cet article est paru dans La France Agricole

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