Depuis presque trois ans, Hervé Duquet connaît le potentiel génétique de ses génisses dès leur plus jeune âge. « Je réalise le génotypage avec l’organisme de sélection (OS) de la race montbéliarde dès les premiers mois de vie, pour un coût de 40 euros par génisse environ. » Son objectif : « Connaître rapidement la valeur génétique du troupeau de renouvellement, pour adapter le choix des taureaux et faire un tri si nécessaire. »

Tous les ans, l’éleveur vend une dizaine de génisses qui ne correspondent pas à ses attentes. « Je me base d’abord sur l’Isu (1), qui indique le potentiel génétique global de la génisse. Si la valeur se situe autour de 110, un niveau un peu juste pour moi, soit j’utilise un taureau ordinaire, soit je vends l’animal en fonction du niveau génétique de l’ensemble des génisses », explique l’éleveur.

Le génotypage permet également d’éviter les erreurs lors de la vente des génisses. « Avant, nous vendions des animaux sans connaître leur valeur génétique, mais seulement sur la base d’observations. On a sans doute laissé partir de très bonnes femelles sans le savoir, admet Alexandre, le fils d’Hervé, qui s’installera avec son père, l’an prochain. Aujourd’hui, ce genre d’erreurs est évité. On se rend compte qu’il y a parfois un « décalage » entre le phénotype de l’animal et sa valeur génétique réelle. On peut être déçus comme agréablement surpris ! »

Santé de la mamelle

Avec une production laitière sous AOP destinée à la fabrication du morbier, l’exigence est de mise sur la qualité du lait. « Il nous faut un comptage cellulaire le plus bas possible et, bien sûr, limiter la présence de salmonelles et de staphylocoques, rapporte Hervé. Le morbier est fabriqué à partir de lait cru. Une analyse est réalisée à chaque collecte à la ferme. »

Pour choisir ses reproducteurs, l’éleveur redouble d’attention sur les index de santé de la mamelle. « Nous évitons les taureaux à index négatifs en cellules. C’est un vrai levier de prévention pour la qualité du lait. Suite au génotypage, si une génisse présente un index cellule inférieur à -1, elle ne restera pas dans l’élevage. Je sais qu’elle me posera des problèmes de leucocytes, une fois en lactation. » Si la sélection génétique est un travail de fond exigeant, « elle ne fait pas tout, insiste Hervé. Il faut être rigoureux au quotidien, soigner le logement, observer les animaux et veiller à l’équilibre de la ration, sans quoi le potentiel génétique ne pourra pas s’exprimer. »

(1) Index de synthèse unique.

Une pratique qui se développe en races laitières
2013 2014 2015 2016
Montbéliarde 12 936 16 791 22 420 35 523
Normande 4 290 5 579 8 140 6 948
Prim’holstein-pie rouge 17 436 27 607 39 584 43 666

Evolution du nombre de femelles génotypées à la demande d’éleveurs, par race et par année (source : Allice).