« On croit toujours que travailler en famille, cela va être simple… », commence Anne-Lise Rossignol, éleveuse en Indre-et-Loire. Mais quand la jeune femme a intégré la société de son conjoint et de ses beaux-parents, le défi s’est subitement révélé beaucoup plus complexe. La nouvelle installée a, en effet, dû faire ses preuves au sein d’un groupe dont les membres, en plus de vivre sous le même toit, travaillaient depuis dix ans ensemble.

« Ils n’avaient pas besoin de se parler. Ils avaient des habitudes de travail et des habitudes de discussion. Je me sentais parfois perdue. Même quand ils se disaient les choses entre eux, je ne les comprenais pas. »

À la suite d’une formation obligatoire sur les relations humaines au cours de son parcours à l’installation, Anne-Lise Rossignol a fait appel à Sophie Bidet, de la chambre d’agriculture du Centre - Val de Loire. Mais dès le départ, il a fallu convaincre le trio rétif à l’intervention d’un tiers : « Se former à un travail de société alors que depuis des années ils fonctionnaient sans l’aide de personne, ça n’allait pas de soi. » La nouvelle associée a toutefois réussi à les convaincre. La formation a consisté dans un premier temps à les réunir tous les quatre durant une demi-journée, puis de manière individuelle. « Cette démarche nous a permis non seulement de nous exprimer, mais d’entendre aussi ce que chacun attendait de l’autre sur l’exploitation. Je me suis rendue compte, à ce moment-là, qu’il fallait surtout que je m’affirme. » Si la jeune femme n’était ni introvertie, ni timide, elle craignait surtout, se souvient-elle, d’aborder « ces fameux sujets qui donnent l’impression qu’on a plus à perdre qu’à gagner ».