La volatilité des prix est au centre du Comité sur la sécurité alimentaire mondiale qui se réunit cette semaine à Rome. A cette occasion, un groupe d'experts mandaté par la FAO rend publiques de nouvelles recommandations, voisines de celles retenues par le G20 agricole en juin dernier.

En ouverture de la 37e session du Comité des Nations unies sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA), le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a dénoncé, lundi à Rome, la volatilité des prix alimentaires qui « remet en cause un droit de l'Homme fondamental, celui à la nourriture ». Rappelant que « près d'un milliard de personnes souffrent de la faim, soit un septième de la population mondiale », il a réclamé « plus de transparence dans les marchés alimentaires mondiaux ».

Ce besoin de « transparence » est fortement souligné dans le rapport « Volatilité des prix et sécurité alimentaire », présenté au 37e CSA par le Groupe d'experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (1). Le rapport formule une série de recommandations en matière de règles commerciales, de stocks, de marchés à terme, de demande alimentaire et d'investissements dans l'agriculture. Par exemple :

- Le système de commerce multilatéral doit être « transparent, responsable » et « tenir davantage compte » des besoins des pays ou groupes sociaux pauvres et vulnérables ;

- « Des systèmes d'information plus performants et transparents sont indispensables au processus de décision et à la gestion des stocks ». Le système d'information sur les marchés agricoles (AMIS) proposé par le G20 agricole « est accueilli avec intérêt » ;

- « Il est nécessaire de prendre des mesures en faveur de la transparence sur les marchés à terme et de durcir la réglementation relative à la spéculation » ;

- Les Etats devraient « abandonner » les objectifs en matière de biocarburants et « supprimer les subventions et les droits de douane relatifs à leur production et à leur transformation » ;

- Les gouvernements doivent rechercher des incitations permettant de réduire le gaspillage dans le système alimentaire, et notamment de limiter les pertes après récolte » ;

- « Un investissement à long terme, stable et durable dans l'agriculture est une condition nécessaire pour relever les défis qui se posent dans le domaine de la sécurité alimentaire. Nous recommandons d'augmenter substantiellement le financement de la recherche et du développement agricoles à l'échelle mondiale ».

Le pape Benoît XVI, dans un message adressé lundi à la FAO, demande lui aussi que le secteur agricole « dispose d'un niveau d'investissement suffisant et de ressources permettant de stabiliser la production et donc le marché » des denrées alimentaires.

Par ailleurs, dans une « note d'opinion » d'octobre, le Gret (2) estime que « les recommandations du G20 agricole sont inadaptées au défi de la sécurité alimentaire » dans la mesure où une « grande majorité » d'agriculteurs des pays en développement « bénéficiera difficilement des outils de gestion du risque promus par le G20 agricole ». Selon le Gret, la priorité est à « réintroduire des outils de régulation des marchés » aux niveaux national, régional et international, « ce qui impose de modifier les règles de l'OMC ».

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(1) Ce groupe réunit quatre scientifiques du Bangladesh, du Canada, du Mali et de la France (Benoît Daviron, chercheur au Cirad et responsable de l'équipe).

(2) Fondé en 1976, le Gret est une association regroupant des professionnels du développement solidaire.

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B.Co.