Le groupe saoudien Almunajem, premier client du volailler Doux en redressement judiciaire, n'entrera au capital du groupe breton que d'ici au début de 2014, mais le pacte d'actionnaire « aura été signé » avant l'audience devant le tribunal de commerce de Quimper mardi, a-t-on appris vendredi auprès de la direction du groupe.

Celle-ci a précisé que le groupe saoudien « soutient financièrement le groupe Doux depuis 18 mois ». « Almunajem a déjà investi ses fonds dans Doux » et son entrée au capital est plus un « transfert technique » de ces fonds en capital, a-t-elle ajouté.

Avant l'audience devant le tribunal de commerce mardi « le pacte d'actionnaire entre la famille Doux, la famille Calmels et Almunajem aura été signé et fixera les engagements des uns et des autres ainsi que le planning effectif d'entrée au capital des uns et des autres, processus qui prendra techniquement et juridiquement quelques semaines, voire quelques mois », a-t-elle expliqué, évoquant le mois de février.

« Le fait qu'il ne soit pas techniquement encore entré dans le capital est dû à la procédure en cours », a assuré la direction.

Jeudi, le CCE a rendu un « avis favorable à l'unanimité » à l'entrée au capital de Doux des nouveaux actionnaires, a précisé le volailler.

« Tant que la dette brésilienne n'est pas réglée, Almunajem ne va pas entrer au capital », a cependant assuré Yannick Guéhenneux, élu FO au CCE. Nadine Hourmant, déléguée centrale FO, a confirmé que le groupe saoudien « attend de connaître exactement le montant du passif brésilien ».

La filiale de Doux au Brésil, Frangosul, fortement endettée, est actuellement gérée par le géant brésilien de la viande JBS en échange d'un loyer avec possibilité de rachat.

« Pour l'instant, la parité euro-dollar n'est pas à notre avantage, donc est-ce qu'il y a une prudence aussi de sa part vis-à-vis de ça et qu'il attend que les prix remontent... », s'est interrogé M. Guéhenneux.

La future composition du capital de Doux sera de « 52,5 % pour le holding de la famille Calmels (D&P), actionnaire majoritaire, 22,5 % pour la famille Doux, 25 % pour Almunajem », selon la direction.

L'audience au tribunal de commerce de Quimper, au cours de laquelle sera examiné le plan de continuation du groupe en redressement judiciaire depuis juin 2012, doit se à 14h00 mardi.

Doux s'est déjà séparé de son pôle frais, avec pour conséquence près de 1.000 emplois supprimés, et se limite désormais aux pôles surgelés et produits élaborés (1.988 salariés). Le groupe est actuellement contrôlé à 80 % par la famille Doux et à 20 % par BNP Paribas.