Une offre de reprise du groupe Doux va rassembler des acteurs de la filière avicole dans un consortium organisé autour de l'établissement Sofiprotéol, a déclaré jeudi son président, Xavier Beulin, confirmant une information du Figaro.

Sofiprotéol, l'établissement financier de la filière des huiles et protéines végétales (Prolea), a mené « un tour de table » rassemblant des coopératives et des acteurs privés du secteur avicole, a confirmé M. Beulin, également président de la FNSEA.

Les coopératives Terrena, Triskalia, Cavac et UKL feront notamment partie de l'offre, a-t-il précisé, ajoutant que, parmi les acteurs privés du secteur, figuraient notamment « LDC, Duc, Glon Sanders (Sofiprotéol) et Tilly-Sabco » pour le volet export.

« L'intérêt du consortium, c'est qu'il apporte une offre globale » de reprise du groupe Doux, placé en redressement judiciaire depuis le début de juin, et de ses diverses activités d'aliments, d'exportation, de produits frais et de produits transformés, a poursuivi M. Beulin.

L'offre comportera ce « volet indivisible », accompagné « d'un plan d'action » distinguant ensuite la responsabilité de chacun en fonction des activités, a-t-il précisé.

Sur le volet social, il sera « très difficile d'avoir 100 % des emplois maintenus » sur un total de 3.400 en France, a toutefois prévenu M. Beulin, évoquant par ailleurs d'éventuels reclassements de salariés du groupe Doux au sein des groupes candidats à la reprise.

« J'ai demandé aussi, au nom de la filière, à l'ensemble de ces opérateurs qui vont se constituer en consortium, que chacun fasse un effort pour offrir des solutions de pérennité pour le maximum d'emplois », a-t-il déclaré.

Le groupe Sofiprotéol indique jeudi soir dans un communiqué qu'il a coordonné « une offre de reprise de Doux rassemblant les différents acteurs français du secteur : Glon Sanders (filiale de Sofiprotéol), Duc, LDC, Terrena, Tilly-Sabco et Triskalia. L'offre a été déposée le jeudi 5 juillet 2012 auprès de l'administrateur judiciaire ».

« L'offre constitue une réponse à la gravité de la situation sociale et économique engendrée par le redressement judiciaire de Doux, mettant en grande difficulté les 3.400 salariés du groupe, 800 éleveurs et l'activité économique de la région. »

« Cette offre présente plusieurs caractéristiques : elle émane d'industriels français du secteur de la volaille, engagés auprès des éleveurs et implantés dans les territoires. Il s'agit d'une offre coordonnée et structurante des activités du groupe Doux, concernant la globalité des activités et des marchés de Doux et répondant ainsi aux souhaits des pouvoirs publics. Enfin, elle assure des débouchés aux éleveurs de la région et s'efforce de préserver l'emploi, tout en veillant à ne pas fragiliser économiquement les entreprises impliquées dans la reprise », indique le communiqué.

« Cette offre vise à structurer la filière française de la volaille, de l'amont à l'aval, avec l'ambition d'améliorer la compétitivité de l'offre française », ajoute Sofiprotéol.

D'autres offres pourraient émerger, le délai de dépôt au tribunal de commerce de Quimper étant fixé à 18h00 ce jeudi 5 juillet.

Le ministère du Redressement productif a estimé jeudi, alors qu'expirait à 18h00 le délai de dépôt des offres de reprise, que « le compte n'y est pas dans les offres » reçues à ce jour. « Aujourd'hui, le compte n'y est pas dans les offres qu'on a, de manière générale », a déclaré une source dans l'entourage du ministre Arnaud Montebourg. « Nous demandons aux repreneurs potentiels d'améliorer leur offre », a-t-on ajouté de même source.

Le groupe Doux, basé à Châteaulin (Finistère), emploie ses salariés français essentiellement en Bretagne, mais aussi dans le Centre, les Pays de la Loire et le Pas-de-Calais.