Le PDG du groupe Doux, Charles Doux, a dénoncé jeudi le « mélange des genres » à propos de Xavier Beulin, à la fois président de la FNSEA et PDG de Sofiprotéol qui présentait une offre de reprise du volailler, écartée par le tribunal.

« Vous m'avez interpellé à la suite de la décision du tribunal de Quimper », rendue mercredi, écrit Charles Doux dans une lettre ouverte. « Vous exprimiez-vous en qualité de président de la FNSEA ou en qualité de président de Sofiprotéol dont l'offre a été jugée irrecevable hier ? Il semble qu'il y a mélange des genres. »

« L'offre du consortium, que vous avez conduite sur l'export, conduisait à la suppression de 200 éleveurs à court terme et à une forte dégradation des performances en élevage », écrit le PDG du groupe, rappelant que les éleveurs, comme les transporteurs, « soutiennent majoritairement nos offres ».

« C'est parce qu'ils n'ont pu présenter d'offres séparées à cause des exigences imposées par Sofiprotéol que des plans de cession n'ont pu être acceptés le 1er août sur les actifs du pôle frais », poursuit Charles Doux, qui accuse Xavier Beulin d'avoir favorisé un des concurrents du groupe Doux : « Le tout pour faire le lit de Tilly-Sabco que vous, Monsieur Beulin, favorisez, pour lui permettre d'acquérir à vil prix le pôle export de notre groupe. »

« Notre principal enjeu aujourd'hui est la sauvegarde d'un maximum d'emplois au sein de la filière. [...] Monsieur Beulin, laissez-nous présenter ce plan et payer les créanciers alors que votre plan ne les règle pas ! Défendez l'intérêt général en qualité de président de la FNSEA. Ecoutez vos adhérents. Et cette fois, en qualité de président de Sofiprotéol, enterrez la hache de guerre », ajoute Charles Doux, avant de conclure : « Ensemble, pérennisons les activités [...] et réfléchissons à l'avenir de la filière, cette fois, réellement dans l'intérêt général. »

Dans un communiqué diffusé jeudi, la FNSEA et la Confédération française de l'aviculture (CFA) « interpell[ent] tous les responsables politiques sur le secteur avicole français » dans le cadre du redressement judiciaire du volailler Doux.

« Quel silence devant un groupe qui est délesté de sa partie frais et d'une solution qui consiste à offrir à un banquier britannique notre groupe avicole de dimension nationale », souligne la FNSEA et la CFA.

« Ensuite, dans la mesure où le jugement est tombé, M. Charles Doux doit dans les meilleurs délais assumer ses engagements. La FNSEA et la CFA, tous les réseaux de notre syndicalisme vont veiller à ce que toutes les créances dues aux éleveurs, et notamment celles antérieures au 1er juin 2012, soient honorées : les éleveurs veulent recevoir le dû de leur travail. Leur proposer de transformer ce dû en part de capital dans une société dont l'avenir paraît bien compromis est une provocation », explique le communiqué commun.

Les entreprises privées et coopératives réunies dans un consortium autour de Sofiprotéol, l'établissement financier de la filière des huiles et protéines végétales, « doutent » de la viabilité du pôle frais en dehors d'un « projet industriel global concernant toutes les activités du groupe Doux », a indiqué Sofiprotéol dans un communiqué.

Les parties prenantes de cette offre estiment que la mise en liquidation du pôle frais « compromet non seulement la viabilité des sites de Doux Frais, mais également la viabilité des autres entités », ajoute le texte.

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