« Je m’engage à développer les mesures d’étiquetage, pour valoriser la production française de qualité », assurait Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture à la fin d’août, dans une tribune du journal L’Opinion. Pour les professionnels de la filière de la volaille de chair, l’étiquetage en restauration hors domicile ne suffit pas. « Il faut aller plus loin en imposant cette identification dans toutes les occasions de consommation, y compris sur les plats préparés, où 60 % du poulet est importé », estime l’Anvol, dans un communiqué publié le 12 septembre 2019.

Baisse de la production, hausse des importations

Car depuis le début de l’année, les signaux sont inquiétants pour le secteur de la volaille française. « Au premier semestre de 2019, alors que la consommation de poulet augmentait de 2,4 % en France par rapport au premier semestre de 2018, les importations progressaient de 4,7 % tandis que la production française diminuait de 3,6 % », rapporte l’interprofession.

La menace d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) renforce les inquiétudes. « Un « hard Brexit » représenterait une hausse potentielle des importations sur le marché européen de 370 000 tonnes de viande de volaille, du fait de la répartition des contingents des OMC entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni. De plus, selon les droits de douane qui seraient appliqués entre le Royaume-Uni et l’UE à 27, les volumes de 657 000 t, historiquement exportés vers le Royaume-Uni, pourraient être très fortement revus à la baisse. »

« Confirmer » le refus de l’accord avec le Mercosur

Après la récente annonce du président de la République de ne pas ratifier l’accord commercial avec les quatre pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), l’Anvol souhaite une « confirmation de cette décision », afin de « protéger la filière d’une nouvelle vague d’importations avec des poulets brésiliens deux fois moins chers que les poulets européens, car n’ayant pas les mêmes contraintes ».

Le texte prévoit en effet un contingent de 180 000 tonnes-équivalent carcasse à droits de douane nuls accordés aux pays du Mercosur, dont 50 % de viande désossée et 50 % non-désossée.

V. Gu.