Le président de la République a finalement entendu l'appel des professionnels de la viticulture qui réclament depuis plusieurs mois sa prise de position contre la suppression prévue des droits de plantation de la vigne après 2015, avec une prolongation possible jusqu'en 2018 pour les Etats membres le souhaitant.

Lors de son discours à l'occasion de ses voeux au monde rural mardi, dans le Bas-Rhin (Alsace), « le président de la République a clairement exprimé son opposition à la libéralisation des droits de plantation de la vigne », savoure un communiqué de la Cnaoc (Confédération nationale des producteurs d'appellation d'origine).

Il faut dire que « les vignerons attendaient cette déclaration depuis la prise de position de la chancelière allemande au printemps dernier » (le 24 mars 2010, NDLR), rappelle le communiqué des producteurs d'appellation.

Si le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, s'était à plusieurs reprises positionné dans ce sens, Nicolas Sarkozy faisait durer le suspens en éludant la question à chacune de ses sorties rurales dans des zones pourtant viticoles.

Nicolas Sarkozy s'est dit « opposé à la libéralisation des droits de plantation » en évoquant les menaces qu'une telle mesure ferait peser sur ceux qui ont multiplié les efforts pour améliorer la qualité des vins, rapporte la Cnaoc, représentée sur place par Gérard Boesch, président de l'Association des viticulteurs d'Alsace.

Durant les mois de décembre et janvier, la Cnaoc a orchestré une vaste campagne de pression « au plus haut niveau de l'Etat », via les publications des différents syndicats d'appellations régionales, et en s'appuyant sur le relai des élus des régions viticoles.

« Monsieur le président de la République, vous ne pouvez pas faire moins que la chancelière allemande... », persiflait la Cnaoc dans son édito de décembre.

« La prise de position de Nicolas Sarkozy (…) est donc de nature à rassurer les viticulteurs français et à envoyer un signal fort aux autres Etats membres de l'Union européenne », se félicite la Cnaoc.

Mais point de repos pour le guerrier, une fois passée la satisfaction de cette annonce présidentielle : la Cnaoc appelle « d'ores et déjà le gouvernement à franchir un pas supplémentaire en se mobilisant sur la scène européenne ». Elle souhaite que la France se rapproche de son partenaire allemand, afin de fédérer d'autres Etats membres producteurs autour d'une position commune qu'ils soutiendront devant la Commission à Bruxelles.

« Cette mobilisation est importante dans la perspective du rapport d'étape que la Commission doit rédiger en 2012 sur l'OCM vin et de la réforme qui devra suivre », conclut la Cnaoc.

Pour l'instant, une délégation de représentants de la viticulture doit rencontrer le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy le mardi 25 janvier afin d'aborder ce sujet, révèle Pascal Bobillet-Monnot, directeur de la Cnaoc.

Nicolas Sarkozy à propos de la libéralisation des droits de plantation :

« Je ne sais pas qui a pensé à cette idée, mais il faut qu'il change d'avis ! »

(Truchtersheim, Bas-Rhin, 18 janvier 2011)

 

 

« Je suis opposé à la suppression des droits de plantation. Supprimer ou libéraliser les droits de plantation, c'est choisir le produit (…) sans terroir, au plus bas coût possible, le produit qui va inonder le marché, venant de nulle-part pour aller partout (...). C'est condamner à terme une culture du savoir-faire et de la qualité », a déclaré le président de la République lors de ses voeux à la France rurale, à propos du projet de la Commission. Une idée qui selon ses mots « conduira à la catastrophe ».

 

Visionnez son interventionsur le site de l'Elysée(à partir de 37'41, durée environ 1'30).

 

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B.V.