« C’est assez clairement une gelée historique, de l’ordre de celle de 1994, et peut-être de 1991 », lorsque la quasi-totalité de la récolte avait été perdue sur ces appellations, a déclaré Guillaume Lapaque, directeur des associations viticoles d’Indre-et-Loire et de la Sarthe.

« Tout l’ouest du département a été touché par des gelées allant de -3 à -4°, avec des pointes à -6°, alors que les vignes sont en plein débourrage (ouverture des bourgeons, ndlr), c’est-à-dire à un moment extrêmement critique », a-t-il précisé. Pour M. Lapaque, « c’est paradoxalement un effet du réchauffement climatique : les hivers doux avancent la date du débourrage, tandis que les gelées tardives ont toujours lieu à la même époque ».

« Les parcelles en plaine ont été davantages touchées que sur les côteaux », a indiqué Jean-Martin Dutour, viticulteur à Chinon et président de l’appellation. L’est du département de l’Indre-et-Loire et le vignoble de la vallée du Cher ont été touchés dans une moindre mesure, selon Guillaume Lapaque et Michel Badier, de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, pour qui « la catastrophe a été évitée de justesse ». « Je suis étonné du peu de dégâts constatés pour le moment », a renchéri Bruno Denis, un viticulteur de l’appellation Touraine-Chenonceaux établi à Mareuil-sur-Cher (Loir-et-Cher).

Perte de la moitié de la récolte sur Chinon

La perte d’au moins la moitié de la récolte sur Chinon (la plus importante appellation avec 2 360 hectares), Bourgueil et Saint Nicolas de Bourgueil aura « de lourdes conséquences économiques », a souligné M. Lapaque. « Outre la perte de la moitié du chiffre d’affaires pour les exploitations alors que la viticulture est le premier employeur agricole du département, nous risquons de perdre des parts de marché qui seront très difficiles à regagner », a-t-il souligné.

« C’est compliqué pour les vignerons car cette perte intervient après plusieurs années de petites récoltes, et ils n’ont plus de stock », a confirmé M. Dutour.