Plaidant pour « l’heure de vérité » devant la commission du développement durable ce 29 mars 2018, Delphine Batho a fait adopter un amendement sur l’interdiction du glyphosate à compter de juillet 2021, lors de l’examen, pour avis, du projet de loi sur l’alimentation. La mesure n’est donc pas encore intégrée au projet de loi.

Démission d’un côté

« Je viens de démissionner de la vice-présidence de la mission d’information sur les produits phytopharmaceutiques parce que le projet de rapport ne prône pas la sortie du glyphosate ni même son interdiction dans trois ans, uniquement l’interdiction pour un usage » spécifique, a-t-elle annoncé lors de la réunion de la commission du développement durable.

« Continuer comme avant, ce n’est pas à la hauteur, alors que chaque jour apporte son lot de nouvelles études alarmantes sur l’impact des pesticides sur la santé humaine et sur l’effondrement de la biodiversité, ajoute-t-elle. C’est aussi très en deçà des engagements du président de la République sur la sortie du glyphosate », déclare-t-elle.

L’ancienne ministre regrette également des formulations dans ce projet de rapport affirmant par exemple que l’évaluation des effets sur la santé des produits phytosanitaires reste délicate, ou l’absence de mention de l’affaire des « Monsanto Papers ». Pour elle, la seule avancée est la création d’un fonds d’indemnisation des victimes des produits phytosanitaires.

AFP