Gautier Le Molgat revient ce mardi 9 août 2016 sur le bilan économique de la crise des moissons aussi bien pour l’agriculteur que pour le reste de la filière. La chute de 28 % des rendements de blé tendre français par rapport à la moyenne quinquennale est à l’origine d’une situation exceptionnelle pour les agriculteurs.

« En moyenne, on estime le déficit à 500 €/ha pour un producteur de blé tendre », déplore Gautier Le Molgat, qui précise qu’il va falloir trouver des solutions de financement pour pouvoir passer l’année. Quelles solutions sont déjà en train d’être mises en œuvre ?

« Les besoins de trésorerie doivent être gérés à court terme par le biais des banques, des organismes stockeurs et l’État, estime-t-il. Les solutions adoptées face à la crise de l’élevage pourront être mises en place comme l’année blanche, les reports de paiement de charges sociales, les taxes foncières décalées ou minorées. »

Adopter une logique assurantielle

« À moyen terme, il est essentiel de faire le bilan des défauts de notre système », insiste Michel Portier, le directeur d’Agritel. Dans d’autres pays du monde, le déploiement des assurances climatiques et des assurances chiffre d’affaires est très développé. « Ici elle n’est que peu utilisée », remarque Gautier Le Molgat.

Agritel propose ainsi une prise en charge partielle ou totale des primes d’assurance par l’État, « afin d’inciter les producteurs à utiliser ces outils qui seront de plus en plus nécessaires à l’avenir », estime Gautier Le Molgat. « La logique assurancielle est un des leviers majeurs pour permettre aux opérateurs de gérer le risque climatique et le risque de prix », ajoute Michel Portier.

Des restructurations à venir

« De nombreuses restructurations sont, hélas ! à venir au sein des exploitations céréalières, comme c’est déjà le cas dans l’élevage, poursuit-il. Plus largement, c’est tout un pan de l’économie nationale qui va souffrir : les agrofournisseurs des semences, de l’engrais, du machinisme s’attendent à de fortes baisses d’activité. Dans un marché mondialisé, il faut améliorer la compétitivité des exploitations. »

Le cabinet va plus loin et insiste sur le fait que des mesures structurelles sont indispensables pour affronter à l’avenir ce type de crise avec, entre autres, un allègement des contraintes réglementaires, sociales et environnementales et une meilleure adaptation de la fiscalité agricole à la volatilité des prix et des revenus.

C.L.J.
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Le blé reste élevé

Les prix du blé demeuraient élevés, le mardi 3 août 2021 en fin d’après-midi, dépassant les 230 euros la tonne sur plusieurs échéances, soutenus par des déceptions concernant l’offre de l’Amérique du Nord à la Russie.