Selon le cabinet ODA, les prix mondiaux bas n’incitent généralement pas les agriculteurs à investir dans des semences certifiées et pèsent sur les apports d’engrais et l’utilisation de produits phytosanitaires. « Les cultures vont être plus sensibles dans le monde aux aléas climatiques dans les mois à venir », prévient Louis Verhaeghe, directeur d’ODA Agri.

Du côté de la demande, ODA démontre que celle-ci est en constante progression. « Il y a chaque année 9 Mt de blé consommé en plus dans le monde », précise Renaud de Kerpoisson, président d’ODA. Le cabinet de conseil met aussi en avant l’importance de la Chine dont les importations de viande porcine augmentent. Des porcs élevés et abattus en Europe, qui alimentent la demande en oléagineux mais aussi en céréales.

Un bilan mondial « pas si lourd »

Du côté de l’offre, chez ODA, on estime que la production mondiale de blé tendre sera égale à la consommation en 2016-2017. « Le bilan n’est donc pas aussi lourd que ce que l’on peut lire dans la presse actuellement, précise le président d’ODA. La preuve en est que les prix du blé russe ont déjà augmenté de 20 $/t en un mois, où le volume et la qualité sont présente, la demande y est soutenue. »

La production américaine est bien évidemment record mais les farmers américains pratiqueraient une rétention de leur production de blé dans l’attente d’une remontée des prix. La demande est donc soutenue et les deux acteurs qui seront présents à l’international, la Russie et les États Unis, devront sortir des millions de tonnes de blé par semaine dans un rythme à flux tendu.

« Si le moindre problème se pose au niveau logistique, ce sont des millions de tonnes qui sont perdues sur le marché mondial qui peut donc rapidement devenir tendu », ajoute Didier Nedelec, directeur d’ODA. Un accident climatique pourrait lui aussi inverser en très peu de temps la dynamique baissière du marché.

« On passe d’un marché d’offre à un marché de demande. On est sur des prix les plus bas jamais atteints depuis 10 ans. Cette situation ne durera pas et nous sommes optimistes pour les mois à venir », conclut Louis Verhaeghe.

C.L.J.
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé reste stable sur le marché européen

Les prix du blé étaient en baisse le 6 décembre 2021 en fin d’après-midi, dans un marché marqué par une demande soutenue mais aussi des incertitudes portant sur l’offre et l’évolution de l’épidémie de Covid-19.