L'entreprise française Comigel, accusée de « négligences » par le gouvernement dans l'affaire de la viande de cheval trouvée dans des plats au boeuf, a estimé jeudi que la « tromperie organisée » dont elle a été victime était difficilement détectable.

La viande livrée par son fournisseur Spanghero était « cuisinée sans décongélation », rendant impossible « de détecter la tromperie » par sa couleur ou son odeur, et elle portait « l'estampille sanitaire française apposée par Spanghero », s'est défendu le président de Comigel, Erick Lehagre.

Le ministre de la Consommation, Benoît Hamon, a estimé jeudi que Comigel avait bien été dupée par son fournisseur Spanghero, mais qu'elle avait cependant commis des « négligences ».

M. Hamon a souligné que « l'étiquette n'était pas conforme à la législation française » et a estimé que Comigel aurait dû, lors de la décongélation, « se rendre compte que la viande n'était pas de la même couleur que le boeuf ».

La viande livrée congelée à Comigel « est cuisinée sans décongélation préalable, pour des raisons de sécurité alimentaire », s'est défendu M. Lehagre dans un communiqué transmis à l'AFP. « En conséquence, les opérateurs de l'usine ne pouvaient, ni par la couleur, ni par l'odeur, déterminer la nature de la viande et détecter ainsi la tromperie », a-t-il poursuivi.

En outre, « Comigel a acheté de la viande bovine au prix du marché, portant l'estampille sanitaire française apposée par Spanghero », a-t-il souligné. « Pour nous, cela voulait dire qu'elle venait de l'atelier de découpe de Spanghero », a-t-il précisé à l'AFP.

La PME, dont le siège social est à Metz (Moselle) et dont l'usine de production des plats incriminés se trouve au Luxembourg, a « porté plainte contre X il y a quelques jours en France et au Luxembourg pour tromperie, falsification et escroquerie », a-t-elle précisé.

Dans son communiqué, Comigel réaffirme « qu'elle a pris l'initiative d'alerter immédiatement les autorités compétentes luxembourgeoises et françaises et d'organiser, par précaution, le retrait des produits ».

La société relève que M. Hamon la considère comme une « victime d'une tromperie organisée ». Elle se dit désireuse de « collaborer à l'amélioration des processus de traçabilité, de contrôle et d'approvisionnement ».

Comigel est spécialisée dans la fabrication de plats surgelés à marque distributeur.