La Coordination rurale (CR) et la Fédération nationale bovine (FNB) ont répondu lundi, par le biais de communiqués, aux propos tenus par Bruno Le Maire, le 22 septembre lors d'un déjeuner avec la presse. Ce jour-là, le ministre avait clairement écarté la possibilité d'une année blanche pour soulager les trésoreries des éleveurs de bovins viande.

La CR dénonce la « posture provocatrice du ministre » face à des éleveurs « obligés à puiser dans leurs réserves de fourrage d'hiver » à cause de la sécheresse. Et le syndicat d'ajouter que « les recettes miracles de Bruno Le Maire n'ont toujours pas sorti les éleveurs [...] de la crise qui dure depuis des années. [...] Leur revenu a été réduit de moitié depuis 2004, pour atteindre son niveau du début des années 1990 ».

L'organisation remet en avant son idée « pour donner aux éleveurs l'accès à un aliment moins cher, d'autoriser la vente directe par les céréaliers aux éleveurs, plutôt que des contrats interfilières qui ne fonctionnent pas ». La CR apporte aussi son soutien au GIE d'exportation, tout en regrettant de ne « toujours pas le faire au sein d'Interbev, à cause du manque de courage de Bruno Le Maire à braver le syndicat cogestionaire ».

De son côté, la FNB regrette le « refus des pouvoirs publics [...] de cofinancer le report d'annuités en fin de tableau et d'agir pour mettre en oeuvre ce dispositif ». Elle considère que les mesures sur le prêt dans le cadre du PSEA, l'exonération de TFNB, les calamités agricoles et les avances des aides Pac « ne seront pas d'une ampleur suffisante pour rétablir la situation économique des exploitations ».

La FNB « appelle à une concertation entre la profession et les banques, pour qu'il soit proposé aux éleveurs, dans un cadre national, une procédure et des conditions adaptées (en particulier au niveau des frais financiers que devront supporter les éleveurs) pour la mise en place d'un report d'annuités, pour tout ou partie de leurs prêts ».

Quant à la Confédération paysanne, elle entend répondre aux propos de « Jean-Paul Bigard prônant encore la concentration de l'élevage bovin français. Ces propos, faisant suite aux difficiles années que l'on vient de vivre, sont une injure pour les producteurs ». Le syndicat met Coop de France dans le même sac, lui reprochant de vouloir « réserver une prime de 60 € par [jeune bovin engraissé, NDLR] avec un plancher de 50 [places, NDLR]. »

La Confédération paysanne « en appelle aux politiques et à l'ensemble de la profession pour condamner ces deux prises de positions irresponsables et injustes. Elles conduiront à l'élimination d'un nombre toujours plus grand d'éleveurs au détriment de l'occupation du territoire. Elles ne visent qu'à accroitre les bénéfices des intermédiaires et à affaiblir des producteurs ».

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PSEA : plan de soutien exceptionnel à l'agriculture.

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