Frédéric Wantz, directeur d’Eurochan, a présenté la toute nouvelle « Filière responsable » d’Auchan, née d’un accord entre le distributeur et deux de ces partenaires historiques. Il a insisté sur « le caractère vertueux de la démarche sur les plans économiques, environnementaux et sociétaux ».

« Nous avons co-construit le cahier des charges », déclare Jean-Luc Bernard, président de Cevinor. Les animaux concernés sont des femelles de moins de dix ans, nées, élevées et abattues dans la région Hauts de France. Elles sont de races charolaise ou blonde d’Aquitaine. Leur alimentation est composée à 70 % minimum d’herbe ou de fourrage et elles pâturent un minimum de six mois par an.

« L’abattage se fait sur notre site de Feignies (59), complète Pascal Mercier, responsable commercial France Nord Bigard. Notre outil emploie 350 salariés dans un bassin de vie où le taux de chômage est très élevé. Il a été construit il y a moins de dix ans et est à la pointe en matière de bien-être animal ». Le cahier des charges du bœuf des Hauts-de-France rend d’ailleurs obligatoire l’étourdissement des animaux avant leur mise à mort.

À terme, 400 à 600 éleveurs seront engagés dans la démarche

Seules les vaches et génisses de conformation R + minimun et ayant un taux d’engraissement 2 et 3 sont sélectionnées. L’objectif de poids carcasse est de 380 kg pour les charolaises et 440kg pour les blondes d’Aquitaine.

Au total, ce sont 29 morceaux de bœufs qui sont proposés aux clients au rayon boucherie libre-service dans les 21 hypermarchés Auchan des Hauts-de-France, sous le logo « Saveur en Or ».

À terme, ce seront 400 à 600 éleveurs qui seront engagés dans la démarche. Le prix d’achat prendra en compte l’évolution de leurs coûts de production et ne pourra pas descendre en dessous d’un certain seuil.

Yves Carpentier, directeur de Cevinor, s’est félicité de « l’esprit constructif et non revendicatif » qui a présidé au montage de cette « agrochaîne responsable et durable ». « Nous sommes sur la même longueur d’onde, » a-t-il ajouté.

Chemins de progrès

Auchan et Cevinor ont défini cinq pistes d’amélioration : la réduction de l’usage des pesticides, l’achat d’aliment non OGM, le respect de la charte des bonnes pratiques d’élevage, l’ajout de lin dans les rations et enfin, la certification de la démarche par un organisme indépendant.

« Ces pistes vont dans le sens de ce que souhaite le consommateur, explique Thierry Lirot, responsable achat d’Auchan. Mais il s’agit bien de chemin de progrès, c’est-à-dire d’objectifs à atteindre. Nous avons conscience que le temps de l’agriculture n’est pas le même que celui du commerce. »

« Nous avons à cœur de développer un réseau national qui rattache les bassins de consommation aux bassins de production, conclu Frédéric Wantz. C’est un acte citoyen qui permet de maintenir des outils de transformation. » Quatre à cinq projets similaires à celui du bœuf des Hauts-de-France seront bientôt initiés pour permettre ce maillage territorial.

Valérie Scarlakens