« En reconnaissant l’éligibilité de la viande bovine à l’enveloppe de 500 millions d’euros du plan de soutien européen, le Conseil de l’agriculture a acté la crise structurelle que connaît la filière. » La Fédération nationale bovine (FNB) démarre ainsi son communiqué de presse du 19 juillet, jugeant cette affectation fondamentale, mais insuffisante.

Dans le nouveau paquet de mesure d’urgence présenté par la Commission européenne le 18 juillet aux ministres européens de l’Agriculture, il est écrit noir sur blanc que la crise laitière doit aussi être analysée au regard de l’effet collatéral qu’elle pourrait avoir sur le secteur de la viande bovine.

« Une reconversion de producteurs laitiers en producteurs de bovins viande est d’ores et déjà en cours dans certains États membres, indique la Commission européenne. Quel sera l’impact sur les producteurs existants de bovins viande de cette arrivée de nouveaux producteurs bénéficiant d’aides Pac découplées « bonifiées » du niveau des aides couplées laitières qu’ils percevaient jusqu’en 2016 ? » Et le risque sur le marché : que l’afflux de vaches laitières attendu ces prochains mois ne déstabilise encore plus une filière viande bovine déjà si fragile.

Redresser les cours

Pour la FNB, « il n’y a pas d’autres alternatives que de prioriser l’accompagnement financier de l’Union européenne vers des outils assurant le redressement rapide des cours pour les producteurs. » Elle souhaite qu’une régulation et une structuration qualitative du marché de la viande bovine se mettent en place.

Le syndicat appelle par ailleurs Stéphane Le Foll, à « faire preuve de courage dans ses choix politiques ». Quant à l’aval, la FNB attend de lui qu’il prenne ses responsabilités. « Il y a urgence, sans quoi, les défaillances financières des producteurs de viande bovine éclateront fatalement au grand jour à la rentrée de septembre », prévient la FNB.