« Nous devons faire progresser les volumes commercialisés sous SIQO en y intégrant une logique de couverture des coûts de production, comme le cadre interprofessionnel le prévoit », assure Gilbert Delmond, vice-président d’Elvea, lors du trentième congrès national de l’association le jeudi 5 septembre 2019 à Paris.

Alors que le plan de la filière de la viande bovine issu des États-généraux de l’alimentation fixe l’objectif de 40 % de viande issue de la démarche label rouge à l’horizon de 2023, « Elvea France soutient le déploiement du label rouge avec un objectif intermédiaire entre 10 à 20 % d’animaux commercialisés en label rouge d’ici à la fin de 2020 pour les élevages du réseau ».

« Changer le logiciel du calcul du prix »

Pour Henri Gabriel, secrétaire général de la Fédération des industries du commerce en gros des viandes (Fedev), « les acteurs de la filière doivent s’adapter aux changements de consommation de la viande. Le haché prend le pas sur les muscles, et il va falloir modifier le logiciel du calcul de prix de vente. Aujourd’hui, un tartare est vendu plus cher qu’un faux-filet. »

Il s’en remet également à la montée en gamme prévue dans le plan de filière, et estime nécessaire de « donner au label rouge la possibilité d’avoir accès au marché de la viande hachée ». Quant à la contractualisation, « elle ne peut se faire qu’avec l’ensemble des maillons de la filière : éleveurs, transformateurs et distributeurs ».

Éviter la décapitalisation

Devant tant de bonnes volontés, Bruno Dufayet, le président de la Fédération nationale bovine (FNB), s’agace. « Cela fait vingt ans que l’on fait des discours, mais rien ne change. Les cours restent très bas, et le nombre de vaches allaitantes pourrait encore s’éroder de 7 à 8 % cette année. Avec le manque de vaches dans les abattoirs, les importations risquent de devenir une nécessité. »

Pour enrayer l’érosion du cheptel allaitant, « il est temps de ramener de la valeur dans les cours de ferme, poursuit le syndicaliste. Le plan de filière a été fait pour être respecté. Nous devons passer à autre chose. L’enjeu n’est pas d’élaborer un morceau de viande, mais bien de construire la filière de demain. »

V. Gu.