Désormais, seules restent bloquées les marchandises en provenance des 21 usines visées par l’enquête, à l’origine du scandale de la viande avariée. « Avec cette mesure, tous les grands marchés pour l’exportation de viande brésilienne sont à nouveau ouverts », s’est félicitée la présidence du Brésil dans un communiqué.

En 2016, Hong Kong avait acheté pour 718,3 millions de dollars (M$) de viande bovine brésilienne, selon les chiffres du ministère de l’Industrie et du Commerce (MDIC). Au total, les exportations de viandes brésiliennes vers Hong Kong ont totalisé 1,3 milliard de dollars, dont 357,2 M$ de poulet.

Samedi, trois marchés importants – la Chine (deuxième plus gros client avec 702,7 M$ d’importations de viandes), le Chili et l’Égypte – avaient déjà pris des mesures similaires. Les filières d’élevage brésiliennes peuvent respirer. Ce secteur clé de l’économie, qui emploie 6 millions de personnes, a rapporté plus 13 milliards de dollars l’an dernier.

« Retrouver la confiance des marchés »

Le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, a toutefois rappelé que le Brésil avait encore un long chemin à parcourir pour retrouver la confiance des marchés. Jugeant que l’image du pays avait été « beaucoup attaquée ces derniers jours », il a dit craindre que des concurrents « profitent de ce moment de fragilité ». Pour les autorités, il s’agit avant tout d’un problème de corruption et non de santé publique. Un argument qui a visiblement convaincu Hong Kong.

L’UE demande un audit externe

L’Union européenne est un peu moins confiante. Les autorités brésiliennes doivent encore apporter des garanties et « agir le plus tôt possible pour rétablir la confiance en son système de contrôles », a affirmé le commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis. « Le commissaire a suggéré un audit externe. Je n’y vois aucun inconvénient. L’UE est un client très important, que nous devons traiter de façon attentionnée », a répondu M. Maggi.

Néanmoins, tout comme les autres pays, les restrictions de l’UE à l’importation de viande brésilienne ne concernent que les 21 usines incriminées, tandis que l’exécutif européen a obtenu des autorités brésiliennes qu’elles suspendent la licence de quatre établissements autorisés à exporter leurs produits.

Pas du tout convaincu, l’eurodéputé Eric Andrieu a reproché mardi à la Commission d’avoir agi « a minima et de manière incohérente : la Commission n’a fait que délister les quatre entreprises incriminées. Elle n’a pas été plus loin, alors que les enquêtes ont démontré que le dispositif de contrôle et de certification au Brésil est pourri de l’intérieur ! » Il demande donc à Bruxelles « de suspendre immédiatement l’ensemble des importations de viandes brésiliennes vers l’UE ».

E.C. avec l’AFP