Dans le 11e arrondissement de Paris, non loin des étals d’un primeur et d’un fromager, un gros rectangle de métal rouge et blanc, promettant un « boucher basque à toute heure » a fait son apparition le 8 février 2016.

Loin de proposer comme à l’accoutumée des cafés et autres chips, ce distributeur automatique se présente comme une extension de l’« Ami Txulette », la boucherie du quartier, et permet aux carnivores noctambules ou aux flâneurs du dimanche de se procurer côtes de porc, faux-filets et autres saucisses au gré de leurs envies.

5C’est le nombre de distributeurs automatiques de viande installés en France

La machine, qui propose une quinzaine de produits – les meilleures ventes de la boucherie mais aussi œufs ou sauces d’accompagnement – « offre un service supplémentaire à nos clients et aux personnes de passage – un hôtel et le métro sont juste à côté », pouvant capter ainsi une nouvelle clientèle, explique Florence Pouzol, propriétaire de l’établissement. Les tarifs sont au maximum 30 centimes d’euros plus chers qu’en boutique ; le différentiel s’explique par « la nécessité d’absorber les frais liés à l’achat de la machine (20 000 euros) et à la mise en barquette » des produits.

Du côté de la Navsa, fédération professionnelle de la distribution automatique, on reconnaît que si ces appareils restent rares en France (avec seulement cinq distributeurs de viande recensés dans tout le pays), « l’idée est intéressante et peut être un potentiel de développement ».

Les agriculteurs à l’origine du concept

Dans l’Hexagone, le concept a d’abord éclos dans les campagnes, où des agriculteurs souhaitaient vendre leurs produits en direct, sans ouvrir un magasin.

Légumes, œufs, fromages, les nouvelles générations de distributeurs permettent de vendre quasi de tout, grâce à des systèmes de contrôle de la température. Filbing Distribution, spécialiste de la vente en casiers réfrigérés lancée en 2008, revendique aujourd’hui 207 distributeurs automatiques fermiers.

Désormais, les automates commencent à séduire également les petits commerces en ville, comme les boulangers, les fleuristes ou même certains restaurateurs.

Un problème de rentabilité

Mais certains voient dans la distribution automatique un nouveau modèle de vente à part entière.

« Au bout du champ » propose ainsi de faire ses courses de produits frais et locaux dans des points de vente équipés uniquement de casiers automatiques, après avoir passé commande sur internet. Créée en 2014, l’enseigne compte déjà trois points de retrait. La multiplication des commerces en zones de transit (gares, stations de métro) pourrait aussi favoriser le développement des commerces automatisés, moins gourmands en place.

Cependant, les expériences d’épiceries 100 % automatiques, comme « Petit Casino 24 » (groupe Casino) en 1998, n’ont finalement pas eu le succès attendu. L’entreprise Yatoo Partoo, qui a compté jusqu’à 100 « magasins-robot » en France, n’en comptabilise plus que cinq, faute d’un retour sur investissement suffisant.

T.D. avec l’AFP