Samedi matin, la caserne reçoit un appel en provenance du sentier des Charbonnières, mais le signal est de mauvaise qualité. Entre les bruits de friture, les pompiers comprennent qu’un homme se trouve en haut d’un arbre, et qu’il se fait attaquer par deux boucs (une fois sur place, ils réaliseront qu’il s’agit d’un bouc et d’une chèvre).

Une opération délicate

Les problèmes de réseau empêchent la brigade de géolocaliser précisément le promeneur. Après avoir appelé un hélicoptère pour surveiller la zone depuis le ciel, les pompiers partent avec une équipe d’ambulanciers. Une fois sur le sentier, ils crient, appellent l’homme en détresse. « On a marché vingt minutes avant d’obtenir une réponse », explique le Commandant Dutrey qui dirige le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS).

Les pompiers retrouvent le promeneur près des gorges du Verdon, caché derrière quelques chênes verts. Les bras griffés par les broussailles, il tremble de peur. Une fois les premiers soins réalisés, les pompiers l’installent sur une civière. Ils le treuillent ensuite vers l’hélicoptère qui l’emporte vers l’hôpital.

À quelques mètres, deux animaux regardent les pompiers intervenir. Le commandant remarque que le plus petit des deux n’est pas un bouc mais un chèvre. Entendant le bruit de l’hélicoptère, les animaux s’éloignent en quelques bonds et disparaissent derrière un rocher.

« Les bêtes ont poussé le promeneur vers le précipice, précise le Commandant Dutrey, il a eu la peur de sa vie ». Opéré du poignet, l’homme serait aujourd’hui en bonne santé. « Des chèvres sauvages, il y a en plein les montagnes, mais c’est la première fois qu’elles sont agressives. ».

Une histoire qui dure

Cela fait maintenant deux semaines que le bouc et sa compagne sévissent dans la région.

Le 12 juillet, des promeneurs racontent qu’une bête vient de foncer sur leur garçon. Deux jours plus tard, nouvelles plaintes d’un couple, avant cette récidive samedi dernier, avec une agressivité renouvelée. Entre les différents témoignages, un portrait-robot du suspect principal se dessine. « C’est une grosse bête, dans les 80 kg, estime le maire de Baudinard, George Pons. Il mesure au moins un mètre au garrot, et il semblerait qu’il ne soit pas bagué. »

Les caractéristiques naturelles rendent les recherches difficiles pour les policiers qui le traquent. Le domaine des Eouvières, dans lequel il a élu domicile, représente une surface de forêt de près de 800 ha de chêne vert sur des pentes escarpées. « Nous avons été forcés de prendre un arrêté, ajoute M. Pons, pour interdire le sentier ». En cette saison estivale, la promenade au bord des gorges est pourtant un atout touristique majeur pour le village.

Difficile de retrouver à qui appartiennent les bêtes en l’absence de bague. Aucun éleveur ne travaille sur la commune et l’élevage caprin n’est pas répandu dans la région. D’après les services de la mairie, quelques éleveurs seraient tout de même installés dans les communes voisines, Bauduen et Montagnac-Montpezat.

Le village de Baudinard s’était rendu célèbre en 2009, pour avoir installé 12 caméras de surveillances dans le centre-ville. Malheureusement, ce dispositif ne permet pas aujourd’hui de retrouver la trace du bouc et de sa fiancée.

Ivan Logvenoff
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