« Il faut que je raconte le dimanche fou que je viens de passer… » C’est sur Twitter que le responsable de l’élevage d’un lycée agricole de Vendée, a publié l’histoire, sous son pseudonyme.

En arrivant sur la ferme, un dimanche, il observe des traces dans un champ voisin, avant de comprendre que ce sont celles du tracteur attelé à la mélangeuse, et du télescopique de l’exploitation du lycée, qui ont disparu de leur hangar.

Sur les traces des voleurs

Le responsable de l’exploitation appelle les gendarmes, et se lance ensuite sur les traces laissées par les engins. « Les gendarmes font vite les constatations d’usage, et je me dis que je ne reverrai jamais ce matériel », raconte le responsable sur les réseaux sociaux.

Un collègue l’appelle alors : le tracteur a été aperçu à 15 km de la ferme. « Sur un petit parking en bord de route, avec le télescopique, mais pas la mélangeuse ». Les gendarmes, alertés, se rendent eux aussi sur place, mais une déception les attend : le matériel a de nouveau disparu.

« La mélangeuse était là cependant, elle avait été dételée et cachée un peu plus loin ». À la place des deux engins se trouve une voiture, dans laquelle les forces de l’ordre trouvent une carte d’employé de Chronopost. Et le nom du salarié n’est pas inconnu au sein de l’exploitation du lycée.

Le retour des pieds nickelés

Cet homme, comme le comprend le responsable de l’exploitation, n’est autre qu’un ancien stagiaire, qui a fréquenté l’exploitation du lycée dans le cadre d’un dispositif de réinsertion. « Il était d’ailleurs passé plus tôt dans la semaine, en demandant du travail. Mais il avait également posé des questions bizarres, cherchant à savoir s’il y avait des caméras, si la maison à côté de l’exploitation était occupée », se souvient-il.

En suivant à nouveau les traces des engins sur un chemin, les gendarmes et le responsable de l’exploitation aperçoivent alors deux silhouettes courant dans les champs, qui font bientôt demi-tour, coincées par un étang, pour venir parler avec eux. « Il y avait notre ancien stagiaire, mais les gendarmes ont aussi reconnu le deuxième, qui était le lundi précédent en garde à vue pour vol. »

« La première chose qu’ils ont dite c’est : “Vous avez jamais été jeunes ?” », s’étonne le responsable de l’exploitation. Les engins sont finalement retrouvés au bout du chemin, abîmés. Un rétroviseur est cassé, une boîte à outils a disparu, et les étiquettes ont été masquées par de la peinture. « La facture devrait s’élever à 1 000 ou 1 500 euros », estime le responsable de l’exploitation.

Les deux suspects ont comparu devant le tribunal le 9 avril, mais leur procès, pour lequel le lycée s’est porté partie civile, est reporté au 3 septembre. « En attendant, s’inquiète le responsable de l’exploitation, je ne sais pas si nos deux héros ont été relâchés… Je n’ai plus qu’à dormir d’un œil. »

Ivan Logvenoff